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PRESSION ET VITESSE DU SANG
Ces lois ont été déterminées expérimentalement sur un appareil schématique* destiné à reproduire tous les phénomènes de la circulation du sang. On agissait à coup sûr pour augmenter ou diminuer tantôt la force impulsive du cœur, tantôt la résistance que le liquide rencontrait dans les petits vaisseaux, de sorte que les conditions de l’expérience étaient beaucoup plus favorables que celles qu’on rencontre dans les vivisections.
Au reste, des expériences de Chauveau et Lortet* faites en vue de contrôler les vues ci-dessus émises au sujet des effets que produisent les variations de la force du cœur ou de la résistance des artérioles, ont confirmé d’une manière complète la théorie exposée dans le tableau de la page 380.
Comme exemple de la conformité des résultats que l’on obtient sur l’animal avec ceux que la théorie fait prévoir, nous donnerons la figure 200, qui a été fournie par l’inscription de la pression et de la vitesse du sang dans la carotide d’un cheval. A un
Fig. 200. F’ression et vitesse du sang dans la carotide d’un cheval; on comprime le vaisseau
en amont de l’appareil.
moment donné, on a comprimé l’artère en amont des appareils ; la vitesse est supprimée et la pulsation est réduite à de légères variations de la pression sous l’influence des collatérales.
Nous allons reproduire les conclusions du travail de Lortet et
1. Pour la description de cet instrument, voyez Travaux du laboratoire, 1875, p. 66.
2. Lortet. Recherches sur la vitesse du cœur du sang dans les artères du cheval, 1867.
INSCRIPTIONS MULTIPLES
celles qu’on peut tirer de publications plus récentes faites par des élèves de Chauveau; elles montrent bien comment la vitesse du sang dans les artères dépend de deux facteurs : la force impulsive du cœur et la résistance que le sang éprouve dans les petits vaisseaux :
1° Lors même que le cœur est au repos, le sang est animé d’une certaine vitesse qui parfois est assez considérable;
2° La vitesse augmente dans l’expiration, diminue dans l’inspiration, même dans les artères très-éloignées du cœur. (L’expiration s’ajoute à l’action cardiaque pour pousser plus énergiquement le sang dans les artères.)
3° La mastication exagère considérablement la vitesse du sang, l’énergie et le nombre des pulsations, même dans les artères excentriques. (La mastication de même que toutes les actions musculaires intermittentes), (voyez p. 383), précipite le cours du sang en en favorisant le passage à travers les muscles en action;).
4° La section de la moelle épinière à la région occipito-atloïdienne imprime à la circulation une rapidité extraordinaire. La vitesse devient considérable, les pulsations plus fortes et plus nombreuses. (En supprimant l’action des nerfs vaso-moteurs on produit le relâchement des vaisseaux et l’on rend plus facile le passage du sang des artères aux veines.)
5° La section des pneumogastriques augmente beaucoup la vitesse du sang et la pression dans les artères. (La section des pneumogastriques augmente la fréquence des battements du cœur; c’est à ce titre qu’elle accélère le cours du sang.)
6° L introduction de l’air dans les artères trouble complètement la régularité de la circulation. (Des embolies gazeuses résistent au cours du sang; quand elles disparaissent, la circulation se rétablit; telles sont, dans les artères des membres, les causes de variations de vitesse sous l’influence de l’introduction de l’air.)
7» Lorsqu’une carotide est liée, la vitesse et la pression augmentent beaucoup dans 1 autre carotide. (Il se produit alors une compensation du cours du sang qui, trouvant une artère fermée, se précipite plus abondamment dans l’autre. Ce phénomène d’ordre purement physique se produit également dans une branche de bifurcation d’un tube quand on oblitère l’autre branche; elle équivaut dans le vaisseau où on l’observe à l’accroissement de la force impulsive du liquide*)