‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 170 sur 277 · ÉLÉMENTS DE LA PULSATION DU CŒUR · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DE LA PULSATION DU CŒUR

8° Un rétrécissement aortique diminue la vitesse du sang et l’amplitude des pulsations dans les carotides. (C’est une véritable diminution de la force impulsive du cœur.)

9° L’hémorrhagie accélère la vitesse du sang. (C’estparticulièrement une hémorrhagie artérielle pratiquée en aval du point exploré qui produit ces effets d’augmentation de vitesse en diminuant les résistances.)

10° La section du grand sympathique accélère le cours du sang, mais beaucoup moins qu’on n’eût pu le croire. (Il y a là relâchement des vaisseaux privés de leur innervation; on devait donc s’attendre à une accélération du sang. Si cette accélération n’est pas très-grande, cela paraît tenir à ce que l’innervation vasculaire n’est supprimée que sur une partie restreinte de l’arbre circulatoire.)

1 1° Les artères coronaires présentent une accélération de vitesse concordante avec le dicrolisme. (Il n’y a rien là que de normal et le même phénomène s’observe sur les autres artères, prouvant que l’envoi d’une deuxième onde centrifuge constitue la condition du dicrotisme.)

12° Dans les artères coronaires, on voit se produire une augmentation de vitesse au moment de la diastole du ventricule. (A ce moment, en effet, la partie intra-musculaire de ces vaisseaux, cessant d’êtrë comprimée par l’effort des muscles, se laisse plus facilement traverser par le sang1.)

13° La strychnine augmente la force impulsive du cœur et accroît en même temps la vitesse et la pression du sang.

Pulsation du cœur; elle est formée par les changements de la pression du sang combinés aux changements de volume de l’organe.

Lorsque nous avons traité des changements de la pression dans les ventricules, page 271, nous avons indiqué la manière d’inscrire les changements manométriques de cette pression à l’intérieur de ces organes. D’autre part, nous avons vu page 292 comment s’in-* scrivent les variations de volume d’un organe, quand celui-ci est plongé dans un appareil à déplacement. Dans ces expériences successives, nous avons recueilli les tracés des deux ordres d’éléments qui concourent à produire la pulsation du cœur;

t. Voyez Rebatel, thèse inatigürale, Paris, 1872.

INSCRIPTIONS MULTIPLES

Pour faire la part qui revient à chacun d’eux, inscrivons à la fois, au moyen de trois styles superposés, les courbes de la pression du sang à l’intérieur du cœur, celle des changements de volume de cet organe et celle de sa pulsation, et nous verrons que ce troisième tracé n’est autre que la résultante des deux autres. •

Le cœur de la tortue présentant une pulsation de forme trèssimple, et supportant facilement les mutilations, se prête mieux que tout autre à ce genre d’analyse.

L’appareil inscripteur des changements de volume représenté page 292 se prête à toutes sortes d’études ; je l’ai appliqué à inscrire les changements de volume d’un cœur qui se vide et se remplit de sang, et produit une circulation artificielle dans un système de conduits élastiques.

La figure 201 montre la disposition de l’expérience. Un cœur de tortue détaché de l’animal reçoit dans l’une de ses veines un tube

I‘ ig. 201. Appareil inscripteur des changements de volume d’un cœur de tortue, et des changements de pression artérielle.

qui se rend dans l’oreillette, et dans une de ses artères un autre tube semblable. Ces deux tubes traversent le bouchon d’un flacon dans lequel on enferme le cœur de tortue. Puis, au moyen de tuyaux de caoutchouc, on amène dans le cœur du sang défibriné puisé dans un vase placé à un niveau plus élevé. Après avoir rempli le cœur, ce liquide s’échappe par le tube artériel dans un tuyau de caoutchouc qui traverse un sphygmoscope et revient se

Page 1