MOUVEMENTS DE LA DÉGLUTITION
la pression atmosphérique extérieure et refoule le diaphragme au moment de la régestion. Les rôles sont absolument changés, mais l’efiet reste le même : cet effet est toujours la diminution brusque et considérable de la pression intra-thoracique.
Comme complément de l’expérience précédente, Toussaint a pu reproduire, par l’excitation du bout périphérique des nerfs phréniques, la synthèse, pour ainsi dire, de la rumination normale. Pour réaliser exactement les conditions de la rumination, un aide fut chargé de fermer avec la paume des deux mains l’ouverture extérieure des fosses nasales, et pendant ce temps on pra tiqua l’excitation des phréniques ; le résultat fut complet. A chaque excitation, le bol remontait le long de l’œsophage, l’animal le mâchait quelques instants avant de le déglutir ou même le déglutissait immédiatement.
Inscription des mouvements de la déglutition ; expériences d’Arloing et de Carlet.
Le même jour, 2 novembre 1874, paraissaient aux comptes rendus de l’Académie des sciences deux notes dans lesquelles les mouvements de la déglutition étaient étudiés au moyen de la méthode graphique. Les auteurs de ces recherches étaient arrivés, chacun de leur côté, à des résultats semblables, sauf quelques détails. Pour Arloing, il faut abandonner l’ancienne distinction que l’on faisait relativement au mécanisme de la déglutition des solides et des liquides; ces derniers provoquent des mouvements de déglutition successifs associés, mais identiques à ceux qui se suivent à plus grands intervalles lorsque des aliments solides sont avalés. Ce physiologiste adopte la division en deux temps, indiquée par Moura.
En introduisant des ampoules manométriques dans les premières voies digestives du cheval, on recueillit simultanément les courbes de la pression aux différents points du passage du bol alimentaire. Les conclusions que l’auteur a tirées de l’examen de ces tracés sont les suivantes :
1° Il y a un soulèvement actif du voile du palais au début de la déglutition;
2° L’isthme du gosier se dilate ;
3° L’entrée de l’œsophage s’ouvre au-devant du bol alimentaires
INSCRIPTIONS MULTIPLES
Pendant le passage des aliments, le vestibule du larynx est fermé.
Si l’on explore l’état de la pression dans les voies aériennes audessous du larynx, on constate une aspiration au moment de la déglutition. C’est un abaissement du diaphragme qui produit ce vide intra-thoracique pendant que la glotte est fermée. Or, cette action des forces inspiratrices joue dans la déglutition le même rôle que nous lui avons vu assigner tout à l’heure par Toussaint dans la régestion des aliments. Les résultats obtenus par Carlet en opérant sur lui-même et en inscrivant la pression de l’arrièrecavité buccale en même temps que le mouvement d’ascension du larynx, conduisent aux mêmes conclusions.
Inscription simultanée des fonctions des différents organes
d’une machine.
La méthode d’inscriptions simultanées de phénomènes de différentes natures se passant en différents lieux vient de fournir à M. Deprèz la solution d’un important problème de mécanique. Il s’agissait de déterminer, pendant la marche d’une machine à vapeur, les phases de la pression sur les deux faces du piston, et d’inscrire ces phases en fonction des mouvements que ce piston exécute. On voit que c’est à peu près le problème que s’était proposé Watt dans la mesure du travail des machines à vapeur. Deprèz a recouru à l’inscription simultanée des pressions explorées en divers lieux, non pas en se servant d’organes dont l’inertie pouvait* déformer les courbes, mais en appliquant à cette inscription sa méthode des équilibres successifs. Des plaques rectangulaires animées de mouvements semblables à ceux^du piston recevaient, sous forme de pointages successifs, l’indication des degrés divers qu’atteignait la pression en différents lieux et à chaque phase du mouvement; l’ensemble de ces points donnait une courbe fermée d’une exactitude absolue. Ces expériences sont encore inédites, je ne puis donc les exposer avec les détails qu’elles mériteraient.