MOUVEMENTS DE LA RUMINATION
Il n’y a pas moins de huit leviers qui tracent en même temps sur le cylindre de l’appareil. L’un donne la ligne M en haut de la •ligure, c’est la courbe des mouvements de mastication ; l’autre, N, mesure la pression de l’air dans les cavités nasales. A l’intérieur de la trachée, un tube manométrique transmet la pression de l’air, tandis que deux autres explorateurs des pressions plongent l’un dans le thorax T, et l’autre dans l’abdomen A. Le cœur lui-même
Fig. 212. Régestion des aliments et son influence sur le cœur et les gros vaisseaux. M, courbe des mouvements des mâchoires. — N, courbe de la pression de l’air dans les cavités nasales. — T, courbe de la pression de l’air dans la trachée. — A, courbe des mouvements de l’abdomen. — C, courbe des mouvements du thorax. — 0, tracé de l'oreillette droite. V, tracé du ventricule droit. (En v c la sonde manométrique a été retirée dans la veine cave.) — S, secondes.
est exploré, en 0 pour l’oreillette, en V pour le ventricule, comme dans les expériences de cardiographie; enfin, au bas de la figure on peut compter le temps divisé en secondes, d après les signaux que porte la ligne S.
Jamais encore, dans une expérience de physiologie, on n’avait réuni un pareil nombre d’appareils explorateurs et inscripteurs, et pourtant les tracés recueillis sur la figure 212 ne représentent pas tous les mouvements qui ont été inscrits dans cette belle expérience; il manque précisément l’indication du passage du bol alimentaire à travers l’œsophage. La détermination de ce passage
INSCRIPTIONS MULTIPLES
se fait au moyen d’explorateurs spéciaux formés chacun d’une ampoule élastique qui se comprime au moment de ce passage du bol. On a déterminé dans une autre série d’expériences l’instant précis de ce phénomène.
Une série de repères r correspond, dans chacune des courbes, au moment où la régestion va se produire. Les mouvements des mâchoires s’arrêtent, et l’on voit s’abaisser la pression dans les cavités nasales, et surtout dans le thorax, par suite d’un brusque abaissement du diaphragme. Cette aspiration qui se fait dans le thorax est la condition nécessaire de l’ascension du bol alimentaire. Le même vide se fait sentir dans les cavités cardiaques, ainsi qu’en témoignent les abaissements de la pression du sang dans l’oreillette et dans le ventricule. L’occlusion de la glotte est indispensable à la production du vide dont il vient d’être question; aussi, dès que se produit cette aspiration intra-thoracique, voit-on disparaître la concordance des courbes de la pression de l’air dans les fosses nasales et dans le thorax, qui forment alors deux cavités indépendantes. Le fait essentiel qu’exprime la figure précédente est qu’au moment où s’opère la régestion r, le diaphragme se contracte pendant l’occlusion de la glotte, l’air se raréfie dans le poumon, les côtes se dépriment sous la pression atmosphérique, l’œsophage se dilate, les matières alimentaires s’y engagent et les mâchoires s’immobilisent au même instant. Sous l’influence de la brusque aspiration produite par l’abaissement du diaphragme, le ventricule et l’oreillette se dilatent : la dépression cardiaque qui accompagne le mouvement de régestion est arrivée au moment de la diastole ventriculaire et semble avoir duré autant qu’elle; mais il est incontestable qu’elle a été abrégée par la systole ventriculaire survenue avant la fin de l’aspiration.
L’expérience ayant montré que le diaphragme agit comme puissance active ynique pendant la rumination, il était indiqué de paralyser cette puissance pour voir de quels effets serait suivie cette paralysie.
On savait déjà, par les expériences de Flourens, que la rumination continue après la section des nerfs phréniques; mais il fallait chercher par quels moyens l’animal arrive à remplacer l’action diaphragmatique. Après la section de la branche superficielle du phrénique provenant de la septième paire cervicale, on constata que ce sont les côtes qui s’élèvent brusquement pour produire la dépression intra-thoracique, tandis que l’abdomen subit l’effet de