‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 178 sur 277 · EXPLORATIONS SUCCESSIVES DE DIFFÉRENTES PHASES D’UN PHÉNOMÈNE · texte numérisé non relu

EXPLORATIONS SUCCESSIVES DE DIFFÉRENTES PHASES D’UN PHÉNOMÈNE

Explorations successives des différentes phases d’un courant électrique. — Exploratio successives de la pression de la vapeur dans les machines. — De la force d’un muscle aux différents instants de la secousse ; de l’excitabilité du cœur aux différentes phases de sa systole.

Nous rapprochons à dessein des expériences qui précèdent celles qui ont pour objet de suivre un phénomène à travers les différentes variations qu’il présente aux instants successifs de sa durée.

Les actes les plus rapides, ceux qui échapperaient, dans la plupart des cas, aux appareils chargés de les signaler, viennent se soumettre à la méthode des explorations successives et livrent la courbe de leurs variations quand on explore successivement les différents instants de leur durée.

Ainsi, tandis que tout à l’heure les différentes explorations correspondaient chacune au phénomène considéré en un point différent de l’espace, nous avons affaire maintenant au phénomène considéré à différents instants successifs. Du reste la méthode est la même dans l’un et l’autre cas.

Explorations successives (les phases d’un courant électrique.

Guillemin, voulant déterminer les phases de l’état variable d’un ■courant électrique lancé dans un conducteur, imagina de partager la durée de cet état variable en une série d’instants très-rapprochés les uns des autres, de façon que la variation d’un instant à

INSCRIPTIONS MULTIPLES

un autre fût infiniment petite. Il recourut à l’emploi d’appareils rotatifs qui, produisant le passage d’un courant électrique à travers un fil de métal, permettaient d’explorer l’état électrique de ce fil à une série d’instants de plus en plus éloignés de l’origine du phénomène.

Pour ces explorations, Guillemin se servait du galvanomètre; or cet instrument ne se dévie qu’autant que les courants agissent sur lui pendant un temps appréciable. L’inertie de l’aiguille aimantée ne lui permet pas d’atteindre immédiatement son équilibre, c’est-à-dire sa déviation constante ; il fallait donc faire agir le courant sur le galvanomètre pendant un temps assez long. Pour cela, un appareil rotatif animé d’un mouvement uniforme produisait une série de clôtures d’un courant électrique. Ces clôtures avaient lieu toujours au même instant de la rotation de l’appareil. Or, un certain temps après chacune de ces clôtures, le circuit électrique se fermait de nouveau pendant un temps trèscourt, et sous l’influence de cette clôture passagère le courant traversait le fil d’un galvanomètre. Une déviation imperceptible de l’aiguille se produisait, à celle-ci venait s’en ajouter une autre, puis une autre encore chaque fois que le courant se refermait par l’action de l’appareil rotatif. A un certain moment, l’aiguille du galvanomètre se mettait en équilibre; elle était alors dans une position qui exprimait l’intensité du courant correspondant à une première série d’explorations. Dans une seconde série d’expériences, Guillemin déterminait la valeur du courant électrique correspondant à une autre phase de l’état variable, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le galvanomètre arrivât à sa déviation maximum dans l’état variable initial, ou que, dans l’état terminal, il cessât d’être dévié malgré les clôtures du circuit1.

Dans ces expériences, l’amplitude des déviations du galvanomètre, observée dans la série des explorations, correspondait à la série des ordonnées d’une courbe dont les temps se mesuraient, comme à l’ordinaire, sur l’axe des abscisses. Ces courbes ont fourni de précieux renseignements sur la durée de l’étal, variable des courants et sur la valeur des intensités suc-

1 . Cette déviation n'a en réalité que la moitié de sa valeur réelle, car le galvanomètre n'est influencé que pendant la moitié du temps de la clôture du circuit.

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