‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 179 sur 277 · DURÉE D’UN FLUX DE TORPILLE · texte numérisé non relu

DURÉE D’UN FLUX DE TORPILLE

cessives aux différents instants de la variation. (Voyez la figure 14, p. 35.)

La même méthode a servi à Bernstein pour déterminer les phases de la. variation électrique des muscles pendant la durée de la secousse musculaire.

Nous avons nous-mème recouru à la méthode des explorations successives dans un cas du même genre; il s’agissait de déterminer la durée du flux électrique d’une torpille. A cet effet, nous provoquions un flux à un moment déterminé, puis fermant le circuit conducteur que devait traverser l’électricité de l’animal, nous explorions au moyen d’une patte de grenouille l’état électrique du circuit. Si la patte de grenouille, réactif fort sensible aux effets de l’électricité, donnait un mouvement, c’est que dans l’exploration que nous venions de faire, nous avions la preuve que le courant passait. En opérant de la même manière à une série d’instants successifs retardant de plus en plus sur le début du phénomène, nous pouvions constater l’existence du flux électrique aux différents moments de sa durée, nous en déterminions donc

Fig. 214. Montrant la manière dont on mesure la durée d'un courant électrique au moyen d'explorations successives.

le début et la fin avec une approximation qui dépendait du nombre d’explorations faites pendant la durée du phénomène.

Supposons que, dans la figure 214, l’instant O corresponde au moment de l’excitation électrique d’un nerf de torpille et que les points successifs 1, 2,3, 4, etc. soient espacés entre eux d’un centième de seconde et correspondent à des instants très-courts pendant lesquels on met l’appareil de la torpille en rapport avec un circuit métallique dont fait partie une patte de grenouille. Dans les deux premières explorations I et 2 qui suivent l’excitation du nerf électrique, il n’y a pas eu de signaux inscrits ; la patte de grenouille restant immobile, montre que la décharge de la torpille ne lui arrive pas; c’est qu’en effet ce phénomène n’a pas encore eu le temps de se produire. Mais à l’instant 3, la grenouille est en mouvement, ce qui est exprimé dans la figure par un trait ver-

INSCRIPTIONS MULTIPLES

tical; dans les instants 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10, la grenouille donne des secousses qui s’expriment sur la figure par des lignes verticales; enfin, dans l’instant 11, ainsi que dans les suivants, la grenouille ne réagit plus; on en conclut que le flux de la torpille est fini au moment de ces explorations trop tardives, et, en définitive, on voit d’après le tracé que le flux électrique a duré 8 centièmes de seconde; que son début retarde de 3 centièmes de seconde sur l’instant de l’excitation du nerf, et que sa fin retarde de 10 centièmes de seconde sur le même instant.

C’est précisément ainsi que j’ai procédé pour mesurer la durée du flux de la torpille. Un dispositif, facile à établir, provoquait l’excitation du nerf électrique à un instant toujours le même de la translation du papier, en e, figure 215. Un contact métallique susceptible d'être déplacé à volonté, permettait de fermer, pendant

Fig. 215. Mesure Je la durée du (lux électrique d'une torpille au moyen d’explorations successives avec un muscle de grenouille comme signal.

un temps très-court et à des instants variés, le circuit que le flux de la torpille devait traverser pour arriver à la patte de la grenouille signal. Enfin, p"bur éviter la confusion des courbes qui s’inscrivaient dans les différentes explorations successives, j’ai eu soin de déplacer à chaque fois la pointe écrivante, afin que les courbes fussent échelonnées de haut en bas.

La figure 215 montre que la première apparition du flux de la

Page 1