MOUVEMENTS DE L’ALLURE DE L’AMBLE
temps et s’arrêtent en même temps. Dans le trot, la simultanéité d’action appartient aux membres d’un même bipède diagonal (antérieur droit et postérieur gauche, par exemple). Ces différents rapports de synchronisme et de succession constituent, à proprement parler, le caractère des allures.
On a vu, page 119, comment, d’après les pistes laissées sur le sol par l’empreinte du pas à différentes allures, on a la connaissance parfaite des positions occupées par chaque pied ; d’autre part, on a vu dans la chronographie, page 159, comment s’obtient la notation du rhythme des allures, c’est-à-dire les temps pendant lesquels chaque pied est à l’appui. En combinant ces deux notions, on a tous les éléments de la construction d’une courbe pareille à celle de la marche des trains. C’est ce qu’a fait Lenoble du Teil, à qui nous empruntons les figures suivantes.
Analysons d’abord la figure 231, qui représente un des cas les plus simples : l’allure de Y amble. Nous y voyons que chacune des lignes brisées qui correspond aux mouvements et arrêts de l’un des pieds présente les mêmes phases que la ligne d’un autre pied situé en bipède latéral, de sorte que AG (pied antérieur droit) se meut et s’arrête en même temps que PG (postérieur gauche). De même AD et PD ont des mouvements et des arrêts synchrones. Or, cette simultanéité de mouvements se traduit sur le tableau graphique par la superposition des origines et des fins des lignes AG et PG; quant aux limites de l’étendue de ce mouvement, elles sont fournies par l’écart que présentent sur le sol les empreintes de AG et de PG. Ces empreintes se voient à gauche de la figure. Ainsi, on a tous les éléments pour la construction du tableau graphique de l’amble quand on connaît les rhythmes et les chemins. Reste toutefois un postulatum : de même que Ibry, dans les graphiques de chemins de fer, suppose qu’entre deux stations successives la marche du train a été uniforme, de même Lenoble du Teil admet dans son tracé l’uniformité du transport de chaque pied. J’ai lieu de supposer, d’après des expériences faites sur l’homme, que cette uniformité de la translation est voisine de la vérité; toutefois, dans certaines allures rapides, elle pourrait ne pas exister, de telle sorte qu’il y aurait tout intérêt à connaître les phases réelles du mouvement. J’ai proposé un moyen de recueillir les phases du mouvement du pied en les réduisant avec un fil de caoutchouc, suivant la méthode décrite page 448. Des expériences faites par Lenoble du Teil sur l’allure du galop lui