TRANSMISSION DES MOUVEMENTS
Transmission des mouvements par l'air.
L’idée de transmettre un mouvement à distance au moyen de tubes pleins d’air appartient à Ch. Buisson. En 1858, nous avions essayé d’obtenir cette transmission à l’aide d’un tube de plomb muni à ses extrémités d’ampoules de caoutchouc; mais cet appareil était rempli d’eau au lieu d’air. Lorsqu’une de ces ampoules était introduite dans le cœur par la veine jugulaire, il fallait qu’une force considérable les comprimât pour que la colonne liquide contenue dans le tube entrât en mouvement et que le levier enregistreur fût soulevé. Le ventricule seul pouvait produire cet effet, tandis que l’action de l’oreillette ne donnait lieu à aucun mouvement du levier qui lui correspondait. En 1860, Buisson imagina un moyen de transmettre au sphygmographe, que nous venions de présenter à l’Académie des sciences, les battements de différentes artères sur lesquelles notre instrument ne serait pas applicable. A cet effet, ce physiologiste se servait de deux entonnoirs conjugués dont un tube de caoutchouc réunissait les becs, comme je réunissais les ampoules de caoutchouc pleines d’eau au moyen d’un tube de plomb. Le pavillon de chacun de ces entonnoirs était recouvert d’une membrane élastique, comme cela se voit dans un appareil connu sous le nom de sphygmomètre d’Hérisson. Il résultait de cette disposition que, si l’on exerçait une pression sur la membrane de l’un des entonnoirs, la membrane de l’autre se soulevait par la compression de l’air contenu dans l’appareil. Buisson adaptait à cette seconde membrane un disque léger surmonté d’une arête qui soulevait le levier d’un sphygmographe.
Si l’on appliquait sur une artère la membrane du premier entonnoir, les battements du vaisseau se transmettaient au levier qui les enregistrait.
Antérieurement à toutes ces expériences, Upham, de Boston, avait essayé, par un semblable moyen, de transmettre à des sonneries électriques les mouvements extérieurs du cœur : le physiologiste américain expérimenta sur un jeune médecin, Groux, atteint d’une division congénitale du sternum et chez lequel on sent les battements du cœur très-superficiellement, puisque les téguments seuls le recouvrent en certains points. On voit la figure
de l'appareil du docteur Upham dans une brochure publiée par M. Groux l.
Ces expériences, destinées à faire constater l’intervalle qui sépare le début de la contraction de l’oreillette et celle du ventricule, ne nous semblent pas à l’abri de tout reproche, malgré l’extrême ingéniosité de l’appareil. Je n’en parle ici que pour signaler l’un des auteurs de la découverte de la transmission des mouvements au moyen des tubes pleins d’air.
Du reste, l’appareil de Buisson présente un avantage sur celui du docteur Upham: c’est qu’il ne renferme que de l’air, tandis que dans l’appareil du physiologiste américain, l’un des entonnoirs est rempli d’eau, ainsi qu’une partie du tube, ce qui fausserait les indications des tracés, si l’on voulait enregistrer la forme des mouvemcnls qu’il décèle.
Description du tambour à levier.
L’appareil inscripteur dont nous venons de parler a reçu des perfectionnements divers, c’est sous le nom de tambour à levier que je le désigne; on en a déjà vu l’emploi dans maintes circonstances. Voici les déf ails de la construction de cet instrument.
Une capsule métallique munie d’un tube latéral, figure 235, est
I'ig. iià. Détails de la construction du tambour à levier.
fermée en haut par une membrane de caoutchouc mince et peu tendue. Sur cette membrane est collé un disque léger d’aluminium, du centre duquel s’élève une pièce à double articulation tjui relie la membrane au levier inscripteur.
La double articulation est nécessaire pour assurer la mobilité
1. Fissura sterni congenita, New observ. and experim. 2e édition, Hambourg,