‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 207 sur 277 · DURÉE D’UN COUP D’AILE · texte numérisé non relu

DURÉE D’UN COUP D’AILE

qu’une roue dentée, placée sur le trajet de ces oscillations, intercepte le retour de la lumière, quand la vitesse de son mouvement rotatif la ramène au-devant de l’œil à l’instant de ce retour. Ces éclipses se produisent donc pour toutes 'les vitesses du rouage qui font passer une ou plusieurs dents pendant une oscillation de la lumière entre les deux stations. Or, il est à peu près impossible de compter sur l’uniformité du rouage interrupteur d’un rayon lumineux ; il faut donc contrôler la marche de ce rouage. C’est ce que Cornu a fait au moyen de la méthode graphique, de telle sorte que, connaissant d’une manière précise le temps qui s’écoule entre deux retours successifs du rayon réfléchi, il en déduit la vitesse de transport de la lumière.

Un cylindre muni d’un régulateur de Villarceau (voyez p. 135) reçoit un quadruple tracé qui s’enroule en spirale, comme dans la disposition déjà indiquée.

De ces tracés, deux correspondent aux divisions de la seconde, chronographie proprement dite; un troisième est constitué par un pointage des tours du rouage d’horlogerie, dont les dents interceptent le va-et-vient de la lumière : tous les quarante tours un pointage a lieu. Restait à pointer sur le quatrième tracé le nombre des éclipses observées pour comparer ce nombre à celui des tours que le rouage exécute en une seconde.

De tracés obtenus dans une longue série d’expériences, Cornu a déduit la valeur de 300 330 kilomètres par seconde, pour la vitesse de la lumière dans l’air; il estime cette vitesse dans le vide de l’espace à 300 400 kilomètres par seconde. [Journal de Physique , t. IY, p. 105.)

Mesure de la durée de l'abaissement de l’aile d’uu oiseau.

Certaines considérations théoriques font penser que si l’oiseau est animé d’une translation rapide, il trouve sur l’air un point d’appui plus résistant, ce qui, d’après les lois connues de l’action musculaire, doit entraîner un ralentissement du mouvement d’abaissement des ailes. Pour vérifier l’exactitude de cette hypothèse, il fallait mesurer chronographiquement la durée de l’abaissement de l’aile et la vitesse de translation de l’oiseau1.

1. Voyez, pour les développements de la théorie et des expériences, le mémoire original, Travaux du laboratoire , lr“ année, p. 216.

Comme il s’agissait d’un problème purement mécanique, j’employai à ces expériences un oiseau artificiel qui, sous l’action d’un ressort, abaissait ses deux ailes avec une force constante. Un mécanisme électro-magnétique provoquait la chute des ailes, et cellesci, arrivées à la fin de leur course, fermaient un courant élec-

Fig. 249. Su expériences destinées à mesurer la durée d'abaissement de l'aile d’un oiseau factice animé d’une translation plus ou moins rapide.

trique. La disposition était telle qu’un courant de pile traversant un signal électro-magnétique annonçait, par une élévation de la ligne tracée, le début de l’abaissement de l’aile, et par une chute de cette ligne la fin de cet abaissement.

La figure 249 montre une série de six expériences désignées sous les numéros 1, 2, 3, etc., de haut en bas. Dans chaque expérience, la ligne supérieure a exprime par une élévation plus ou moins prolongée du trait, la durée de l’abaissement de l’aile; on voit

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