‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 208 sur 277 · DES REPÈRES · texte numérisé non relu

DES REPÈRES

que, de la première à la dernière expérience, cette durée est de plus en plus longue. En bas dé la figure est un trait qui indique la durée d’une seconde.

Cet allongement croissant de la durée d’abaissement de l’aile tenait à ce que la machine-oiseau, immobile dans l’expérience numéro 1, était animée d’une vitesse de translation de plus en plus grande dans les expériences suivantes. Voyons comment cette vitesse était chronographiquement mesurée.

Rappelons d’abord que les notions de vitesse, de durée et de fréquence sont connexes, attendu que la vitesse peut s’exprimer soit par le temps nécessaire à faire un chemin, soit par le chemin parcouru dans l’unité de temps. C’est à cette dernière mesure que je recourus pour inscrire la vitesse de la machine. Celle-ci recevait son mouvement d’une corde qui s’enroulait autour d’une poulie d’un périmètre connu. Chaque tour de la poulie faisait agir deux fois un second signal électro-magnétique, placé à côté du premier, de sorte que, plus la translation était rapide, plus étaient fréquents et rapprochés sur le papier les signaux du second appareil. La ligne b, dans les six doubles tracés de la figure 249, exprime donc que la vitesse de translation de la machine était toujours croissante, du commencement à la fin de la série d’expériences.

Il est donc démontré que l’abaissement de l’aile se ralentit, en raison de la vitesse de translation croissante de la machine, et cette durée, comme cette vitesse, sont mesurées par les procédés chronographiques, avec une précision que nul autre moyen d’observation ne saurait atteindre.

Des repères.

Quand deux ou plusieurs tracés sont superposés et qu’on veut savoir exactement si certains détails qui y sont marqués coïncident d’une manière complète, il ne serait pas prudent d’estimer cette relation de temps d’après la superposition des courbes, car elle n’est jamais absolument parfaite. De plus, quand les tracés ont une grande amplitude, la pointe qui les trace décrit un arc de cercle et s’éloigne plus ou moins de la verticale sur laquelle elle devrait tracer. (Voyez fig. 259, p. 505.)

Pour estimer les rapports que présentent entre elles deux in-

flexions prises sur deux courbes recueillies simultanément, on rapporte la position de chacune à un repère tracé de la manière suivante.

Le cylindre étant arrêté, après qu’on a recueilli un tracé à plusieurs courbes, on fait appuyer tous les leviers inscripleurs sur le papier dans un point voisin du lieu où sont écrits les détails que l’on veut comparer; puis, le cylindre étant toujours immobile, on comprime tous les tubes à air qui commandent les tambours à levier. S’il y a en même temps inscription de signaux électromagnétiques, on fait agir tous ces signaux. Enlevant alors les différents styles inscripteurs , on voit sur le papier une série de traits ou de petits arcs de cercle, ce sont les repères destinés à comparer les relations que présentent, au point de vue de leur succession, les différents détails des tracés.

On prend l’ouverture de compas qui sépare un détail de la première courbe du repère qu’on y a tracé; puis, on porte cette ouverture de compas sur une autre courbe pour savoir si, entre le repère tracé sur cette courbe et certains détails qu’elle présente, il y a la même distance que dans la mensuration qui vient d’être faite. Si ces retards sont égaux, c’est que les détails inscrits dans les deux courbes étaient synchrones. On a mesuré ainsi le synchronisme parfait des systoles des deux ventricules du cœur.

S’agit-il d’estimer le retard de deux actes, c’est encore à des repères qu’on se rapporte.

Ainsi, dans les tracés de la pulsation du cœur et du pouls d’une artère recueillis simultanément, on prend l’ouverture de compas qui sépare la pulsation cardiaque du repère qui lui correspond, et on reporte cette ouverture sur la ligne des tracés du pouls. On constate alors que la distance est un peu plus longue entre le repère et la courbe du pouls : c’est la mesure du retard de l’ondée sanguine.

La figure 250 montre, dans un cas d’irrégularités provoquées des pulsations du cœur, les effets qui se produisent du côté de la pression artérielle. Les repères E formés de lignes ponctuées permettent de constater les correspondances de ces différentes courbes.

Quand on prend des repères, il faut avoir soin de replacer les pointes des plumes exactement dans la position qu’elles occupaient pendant qu’on écrivait les tracés; le mieux est de les laisser en place toutes les fois que cela est possible. En effet, comme

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