‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 226 sur 277 · AMPLITUDE DU POULS · texte numérisé non relu

AMPLITUDE DU POULS

que des indications relatives et marque seulement, par l’amplitude des tracés, l’intensité des changements de la presion artérielle.

Bien qu’il n’existe pas de type normal du pouls, au point de vue de l’amplitude, nous allons montrer, p'ar les trois exemples suivants, les variations physiologiques qui s’observent sous l’influence d’un changement de la température du corps.

11 a suffi, pour obtenir successivement les trois tracés ci-contre

I ig. -’.i:. rr.msfonr.alion générale de l’amplitude de la forme pt delà fréquence du pouls sous l'influence de vêtements très-chauds.

(fig. 283), de se couvrir de vêtements de plus en plus chauds. L’augmentation du diamètre de l’artère qui s’est produite sous cette influence a fait croître l’amplitude du pouls, en même temps qu’elle en a légèrement modifié la forme, en accentuant le dicrotüme. La fréquence des pulsations s’est aussi légèrement accrue sous l’influence de la chaleur, ainsi qu’on le constate en comptant le nombre de pulsations contenues dans chacun des tracés.

Si dans la série précédente le dicrotisme s’est prononcé de plus en plus, cela tient, d’une part, h ce que les ondées sanguines étaient lancées par le cœur avec plus de vitesse, et d’autre part à ce qu’elles arrivaient dans des vaisseaux plus élastiques. Ces deux conditions favorisent l’oscillation de la colonne liquide et par conséquent la production du dicrolisme.

Inscrit au moment du réveil, le pouls est lent et de forme arrondie; aux autres moments de lajournée, il prend de la fréquence et de la brusquerie; les deux types (fig. 284) représentent ces aspects différents de la pulsation recueillie sur un même sujet.

C’est peut-être à l’exercice musculaire qu’il faut attribuer les modifications que présente le pouls aux différentes heures de la journée, à mesure qu’on s’éloigne du moment du réveil. Ces

modifications consistent en une augmentation de l’amplitude et de la brusquerie du pouls dont le dicrotisme s’accentue de plus en plus.

L’ingestion de boissons chaudes et surtout celle de boissons alcooliques, accélère le rhythme du pouls , en accroît l’amplitude

Fip. 284. A, pouls au réveil'; B, pouls dansTaprfcs-midi.

et’ le dicrotisme. Les formes qui s’observent sous cette influence ressemblent d’abord à celles de la figure, puis passent aux types des affections fébriles ; si la proportion d’alcool absorbée va jusqu’à l’ivresse, le pouls prend franchement le caractère de la fièvre typhoïde, comme dans le type de la ligne inférieure, figure 283.

Ce même type a été observé par Chauveau, sur lui-même et sur son guide, dans une ascension au sommet du Mont-Blanc. Il est plus que probable que la fatigue extrême est pour beaucoup dans cette modification des caractères du pouls, aussi ai-je vivement désiré recueillir des tracés à pareille altitude sur des expérimentateurs qui feraient des ascensions en ballon; jusqu’ici l’occasion ne s’en est pas présentée. Et pourtant ce serait un élément important pour l’interprétation physiologique de cet état qu’on nomme le mal des montagnes, état sur lequel on a émis les hypothèses les plus diverses.

L’exercice gymnastique donne au pouls une forme assez particulière pour qu’il soit utile de la reproduire ici. L’impulsion devient plus brusque, le sommet est élevé et aigu, puis apparaît un dicrotisme très-peu élevé, figure 285.

Des expériences directes faites sur les animaux ont montré que la pression du sang, après un exercice musculaire violent, s’abaisse d’une manière considérable et que cet abaissement est la cause des changements qu’éprouvent la forme et la force du pouls. La force du pouls, en effet, n’est point en relation nécessaire avec la force que le cœur dépense pour envoyer son ondée dans les ar-

tères, mais elle dépend de l’excès de la force du cœur sur la pression du sang dans les artères, cette dernière constituant la résistance que le cœur doit vaincre pour se vider. Il suit de là que plus la pression du sang est basse dans les artères, plus le cœur se vide brusquement et envoie son ondée avec force. Ces condi-

JVJV.A- /VA j\J, AAJV JUUU'u/UM

JV-j

Fig. 285. Influence de la £Ymn;K<i(|iic sur la pouls, ligne i. Les pulsations reprenneul graduellement leurs caractères normaux lignes 2 et 3.

• .1 '*h . tulllf. ; .* ■' •' ; v . i . •

lions sont favorables à l’amplitude du pouls, à sa brièveté et à la production du dicrotisme.

Comme le sphygmographe direct est celui qui traduit le plus fidèlement la pulsation artérielle, nous en avons conservé l’emploi pour la détermination des types normaux du pouls et pour celle des types pathologiques, réservant le sphygmographe à transmission pour des cas exceptionnels.

Tlv )ft- . <vVj.y- ?* ; >: ;; i i*'

Traces du pouls dans les maladies.

Le pouls de la fièvre prend tout son intérêt quand on rassemble une série de tracés, de manière à suivre les changements qui se produisent d’un ipoment à un autre dans l’amplitude, la forme et la fréquence des pulsations. Jfou$ choisirons, à cet égard, plusieurs séries intéressantes où cette transformation du pouls est particuliérement facile à suivre.

La figure 286 représente la série des formes du pouls pendant la durée d’une fièvre typhoïde. Q.n y voit que pendant l’état aigu la fréquence des pulsations est à son maximum, que le dicrotisme est très-fort, la brusquerie considérable ; puis, que de jour en jour ces caractères se modifient, l’amplitude faiblissant ainsi que la fréquence, tandis que les rebondissements secondaires, en devenant moins forts, deviennent plus nombreux.

Nous l’avons dit plus haut, cette multiplicité des rebondisse-

Fig. 286. Tracés sphygmographiques d’nnc fièvre typhoïde, d'après P. I.orain.

menls secondaires est l’indice certain que le malade entre en con-

Page 1