‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 3 sur 277 · EXPRESSION GRAPHIQUE DES GRANDEURS ET DE LEURS RELATIONS · texte numérisé non relu

EXPRESSION GRAPHIQUE DES GRANDEURS ET DE LEURS RELATIONS

Une grandeur quelconque peut être exprimée par une longueur. — Grandeurs scalaires : expression de nombres, de distances, de durées, de forces, etc. — Chronologies comparatives. — Expression graphique des relations d'espace; systèmes de coordonnées en général. — Idée de Descartes; courbes exprimant les relations de deux variables. — Tableaux statistiques de Playlair.

Une grandeur quelconque peut être représentée par une longueur.

Toul ce que l’esprit peut concevoir et mesurer avec exactitude s’exprime graphiquement d’une manière claire et précise : des nombres, des longueurs, des durées, des forces, trouvent dans l’emploi des figures graphiques leur expression la plus concise et la plus saisissante.

A côté de l’expression conventionnelle des nombres au moyen

de chiffres, il en est une autre qui n’émprunte, pour ainsi dire,

rien à la convention. 11 suffit d’admetlre qu’une longueur d’un millimètre corresponde à l’unité, pour que des lignes qui mesurent trois, sept ou quinze millimètres expriment clairement pour tout le monde les nombres trois, sept et quinze.

Or, une grandeur quelconque, distance, poids, température, etc., si elle est comparée à une grandeur de même ordre, prise pour unité, sera ramenée à un nombre et pourra s’exprimer par une ligne plus ou moins longue.

Pour faire voir à quel point la comparaison d’une série de nombres est facilitée par cette transformation, nous donnerons comme exemple la figure 1, qui représente l’importance comparée du matériel naval des différentes puissances maritimes1. C’est d’après le tonnage des navires que celte estimation est faite. Une série de colonnes dont les hauteurs sont proportionnelles aux nombres de tonneaux que peut porter la marine de chacun des douze États que l’on compare est représentée dans cette figure. Rangées, de gauche à droite, par ordre d’importance relative, la marine des Iles Britanniques occupe le premier rang; celle de l’Autriche le dernier. Le nombre absolu de tonneaux se lit sur une échelle, à gauche de la figure. Enfin, dans la surface rectangulaire de chacune de ces colonnes, une partie teintée de hachures mesure l’importance de la marine à voiles, tandis que la surface restée blanche exprime le tonnage des navires à vapeur.

La mémoire conserve aisément le souvenir d’un tableau de ce genre : quand nous en évoquons le souvenir, nous voyons apparaître tous les rapports qui y sont représentés et que des chiffres n’exprimaient que d’une manière obscure.

Toute la statistique des marines du monde est contenue dans ce petit tableau, qui montre que les Iles Britanniques ont plus de navires à vapeur que toutes les autres nations ensemble; que la France, au point de vue absolu du tonnage de ses flottes, ne vient qu’en sixième rang, mais qu’elle occupe le troisième si l’on ne considère que la marine à vapeur. Il n’est pas nécessaire de paraphraser un semblable tableau , ce serait délayer et obscurcir ce qu’il contient sous une forme synoptique et lumineuse.

Des tableaux du genre de la figure 1 servent à comparer entre elles toute espèce de grandeur; tout le monde a vu des représen-

1. Cetto figure est extraite de l’ouvrage de M. É. Reclus, Nouvelle Géographie de la France. '

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