COURBES DE LA DÉCLINAISON MAGNÉTIQUE
considère que cette sorte de courbes ne permet pas de montrer comment les phénomènes qu’elle exprime se sont succédé dans le temps, on reconnaîtra la nécessité de modifier le genre d’expression de la direction des vents et de le ramener au système des coordonnées orthogonales au moyen d’un petit artifice.
Imaginons que le cercle dont les différents degrés correspondaient chacun à une direction du vent, soit coupé sur un point de sa circonférence, et celle-ci déroulée de manière à former une ligne droite. Chacune des divisions angulaires de 11° 15' deviendra une division d’une échelle rectiligne qui sera prise pour abscisse dans la construction nouvelle, tandis que les temps seront comptés en heures et en jours sur l’axe des ordonnées.
L’avantage de ce mode d’expression graphique, dans lequel il est tenu compte du moment de chaque variation, est trop évident pour qu’il soit besoin de le faire ressortir. En effet, si l’on ne tenait pas compte du temps dans la représentation de ces phénomènes météorologiques, comment pourrait-on estimer la vitesse avec laquelle un vent d’orage se transporte sur la surface terrestre ? Cette estimation devient très-facile, au contraire, quand on compare des tracés pris en des stations différentes, et dans lesquels il est tenu compte de l’heure et de la minute où s’est produit certain coup de vent qui a été signalé dans les différentes stations. Ces avantages seront plus frappants encore si nous considérons les courbes qui expriment les variations de la boussole étudiées simultanément en différents observatoires.
Dans chaque observatoire, on relève, à courts intervalles, les variations que présentent l’intensité du magnétisme terrestre, l’inclinaison de l’aiguille aimantée et sa déclinaison, c’est-à-dire l’angle qu’elle fait avec le méridien du lieu. Ces mesures varient d’une manière incessante ; maintes causes agissent sur l’orientation de l’axe magnétique du globe qui, dans son agitation continuelle, traduit à la fois les mouvements de la terre et les phénomènes qui se passent dans le soleil. Voici comment, avec des courbes, on exprime ces variations.
Courbes de la déclinaison magnétique.
La déclinaison magnétique, c’est-à-dire de l’angle que l’aiguille aimantée fait avec le méridien terrestre, présente des variations
diverses de toute sorte. Les unes diurnes, qui, sauf le cas d’orages magnétiques, ne dépassent guère 15 ou 20 minutes d’arc ; d’autres dont la durée est d’une année, et dont les phases coïncident avec les solstices et les équinoxes. Enfin, une longue oscillation séculaire, dont la période est d’environ quatre cents ans, fait passer alternativement le méridien magnétique de plus de 20° à l’est et à l’ouest du méridien terrestre.
Toutes ces variations de la déclinaison magnétique exigeraient, pour être exprimées en coordonnées polaires, une série de figures prises à intervalles déterminés ; encore n’atteindrait-on jamais, a u moyen de ces figures multiples, à la clarté d’expression que
Fig. 35. Variations horaires Je la déclinaison magnétique, inscrites comparativement dans les deux hémisphères, d'après Radau.
les courbes de déclinaison présentent quand elles sont tracées suivant le système des coordonnées orthogonales.
La figure 35 représente les variations diverses et la déclinaison magnétique observées simultanément dans les deux hémisphères : à Toronto (46° de latitude sud), et à Hobarton (43° de latitude nord). Les mouvements oscillatoires, dont l’amplitude est de quelques minutes seulement, se font alternativement dans la direction de l’est à l’ouest et de l’ouest à l’est; en outre, ils affectent des sens différents, suivant l’hémisphère dans lequel ils sont observés.
La ligne T, suivie de gauche à droite, montre qu’à Toronto, dans l’hémisphère nord, le pôle nord de l’aiguille se déplace vers l’ouest, depuis huit heures du matin jusqu’à une heure ou deux de l’après-midi; puis, l’aiguille revient sur ses pas avec une vitesse qui se ralentit beaucoup après le coucher du soleil.