‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 34 sur 277 · CARTES FIGURATIVES DU COMMERCE · texte numérisé non relu

CARTES FIGURATIVES DU COMMERCE

voies qu’elle suit de préférence est aujourd’hui très-répandue chez nous. Pour toutes les principales routes de France des recensements ont été faits qui ont établi quel chiffre de voitures circulait annuellement sur chacune d’elles, de sorte qu’on a pu, d’après le système de l’ingénieur Minard, dresser la carte routière de France avec l’activité relative de la circulation de chaque voie de tej’re. Un chiffre donne la détermination précise des intensités relatives de cette circulation commerciale sur les différents chemins. C’est à cette carte que nous empruntons la figure 39, qui correspond à la région comprise entre Rouen etÉvreux. L’importance de la circulation sur les différentes routes est exprimée par la largeur de celles-ci. Dans le voisinage des villes et surtout des villes très-peuplées, cette circulation présente une grande intensité. Le chiffre 294 est obtenu dans le voisinage d’Évreux ; à Rouen, la circulation sur la principale route s’élève à 1058 et diminue graduellement en passant par les chiffres 964, 535, 353, 247, 205 et 162, à mesure qu’on s’éloigne de la ville.

Les canaux et les chemins de fer de la Relgique1 ont aussi la carte figurative de leur activité commerciale. Enfin les chemins de fer français emploient des cartes de ce genre, tantôt pour l’ensemble de leur réseau, tantôt pour mettre en relief un phénomène local du mouvement commercial 2.

Ce mode de représentation graphique s’impose de lui-même pour l’établissement de cartes sur lesquelles on veut représenter le rayon d’action des forts, dont le tir étend sa portée à des distances variables en divers sens, suivant le calibre de ses canons ou suivant les niveaux du terrain.

Le rayon d’action des phares se représente de môme par des cercles plus ou moins étendus, précisant la hauteur des phares et la puissance de leurs feux. En figurant ainsi les côtes maritimes d’un pays bien éclairé, on constate que tous les cercles, dont chacun exprime les limites du rayonnement d’un phare, se coupent entre eux et qu’il n’est pas un point du littoral où un navire puisse approcher des côtes ou d’écueils dangereux sans en être averti par les feux du rivage.

1. Minard, d’après les documents recueillis par A. Belpaire, Sur la circulation des chemins de fer et canaux de la Belgique, in-plano, 1847.

2. Comme exemple de ce mode de représentation, on peut citer la Carte figurative des recettes brutes des chemins de fer français, dressée par le bureau de la statistique centrale des chemins de fer, au Ministère des travaux publics; direction générale des ponts et chaussées et dés chemins de fer.

Enfin, le rayon d’extension relative du commerce des différents centres manufacturiers se représente parfois de la mémo manière C

Cartes géographiques teintées.

Les surfaces terrestres représentées par des cartes ontencore étéemployées d’une autre manière pour les besoins de la statistique- Au moyen de cartes teintées inégalement suivant les régions, on* exprime les différences d’intensité d'un phénomène dans les différents lieux représentés sur cette carte.

Dans les cartes les plus anciennes, on voit figurer, pour chaque pays, les animaux ou les plantes qu’il produit et qui en sont comme le caractère. De nos jours on a poussé très-loin ce mode de représentations. Ainsi, les cartes géologiques, au moyen de teintes de différentes couleurs, montrent la répartition des différentes roches sur les diverses parties du territoire. Ailleurs, des cartes agricoles montrent comment se répartissent les différentes cultures.

Toute statistique dans laquelle on compare entre eux deux pays ou deux provinces, emprunte à la méthode de Ch. Dupin des cartes figuratives où, d’après la valeur des teintes plus ou moins foncées qui couvrent chaque région, on peut juger de l’intensité que présente, en divers points, le phénomène physique ou social qu’elles représentent.

La figure 40 montre d’après A. Balby et A. M. Guerry la statistique comparée de la criminalité pour les différents départements de la France en 1825, — 26 et 27. Pour définir mieux et plus complètement que par l’intensité des teintes, les rapports qu’il s’agit d’exprimer, on a l’habitude d’inscrire, au milieu de chaque région, un chiffre qui exprime combien de cas sur 1000 ont été signalés dans les relevés statistiques. Ce mode de représentation s’est étendu à un grand nombre de phénomènes sociaux. Ainsi, les statistiques du paupérisme, de la longévité relative, de la mortalité des enfants aux différents âges’, du développement de

1. Un centre manufacturier a. pour ainsi dire, une région d’un rayon déterminé, au delà de laquelle il ne peut envoyer ses produits, de même qu’un fort a un rayon limité pour son tir. Ce qui limite la portée des produits d’une usine, ce sont les frais de transport qui l’empêchent de lutter avec avantage contre une usine rivale située en un autre pays.

2. Bertillon, Démographie figurée de la France, section B, 3e série.

Page 1