‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 46 sur 277 · VARIATIONS DE LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

VARIATIONS DE LA TEMPÉRATURE

Les maxima et minima dépendant des saisons sont exprimés par des lignes ponctuées à peu près verticales : les maxima se produisent en juillet, la ligne qui les exprime subit quelques déviations sous les influences horaires; les minima arrivent en janvier et se traduisent de la même façon.

En outre, comme l’écartement des courbes d’égale température exprime le temps nécessaire pour produire une variation d’un

Fig. 47. Courbes d'égale température moyenne à Halle dressées parLalanne, d’après les chiffres de Kæmtz.

degré, on voit que les variations observées de mois en mois sont plus lentes en été et en hiver, que dans le printemps et l’automne, tandis que les variations horaires se comportent différemment. Entre les mois de juillet et d’août, vers trois heures du matin, il existe une grande fixité de la température moyenne qui, de deux heures et demie à quatre heures et demie du matin, est à quatorze degrés ; ce qu’exprimeTespace quadrangulaire considérable, limité par quatre courbes d’égale température, dans le point

correspondant du tableau, au lieu d’intersection des maxima de saison avec les minima de la variation diurne.

On pourrait multiplier indéfiniment l’énumération des renseignements fournis par ce tableau ; le lecteur les y trouvera sans peine.

Mais, dira-t-on, tous ces détails sont contenus dans le tableau numérique représenté page 98 [et qui a servi à la construction des courbes. Ces détails y étaient tous en effet, mais implicitement, sans relief et perdus dans une obscurité d’où Lalanne a su les tirer.

Si les physiologistes, adoptant une pareille méthode, représentaient ainsi les variations légères, mais réelles, de certains phénomènes : température, fréquence du pouls et de la respiration, etc., suivant les heures du jour et les saisons de l’année, ils reconnaîtraient sans aucun doute, dans les variations périodiques de nos fonctions, des lois du plus haut intérêt. De telles constructions nécessiteraient, il est vrai, un travail considérable, et tous les documents fournis par les observations que la science possède déjà seraient peut-être insuffisants, et présenteraient bien des lacunes. Mais les instruments physiologiques enregistreurs, dont il sera question plus loin, permettraient de recueillir aisément tous les éléments nécessaires à la construction de ces courbes si instructives et si importantes.

Un autre exemple, que nous empruntons encore à Lalanne, achèvera de montrer l’importance de ce mode de représentation graphique, et la variété des applications qu’on en peut faire.

Courbes d’égal élément exprimant la hauteur de la mer à toutes les heures du jour et à tous les jours du mois d’avril 1856.

Les éléments de cette figure ont été recueillis au marégraphe de Chazallon qui a fourni une série de courbes se succédant d’une manière continue les unes aux autres, sans permettre aucune vue d’ensemble. Il s’agissait de transformer cette série de courbes, ou le tableau numérique à double entrée qu’on pouvait en déduire, en une figure unique, en une sorte de plan topographique à courbes d’égal élément. La valeur à déterminer était la hauteur de la mer en fonction de deux variables indépendantes: les heures et les jours.

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