‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 47 sur 277 · VARIATIONS DU NIVEAU DES MARÉES · texte numérisé non relu

VARIATIONS DU NIVEAU DES MARÉES

Ces deux variables furent prises : la première comme abscisse, la seconde comme ordonnée (fig. 48). Une série de nombres furent inscrits sur la ligne horizontale inférieure correspondant au premier jour, depuis l’origine de celte ligne, à gauche, qui correspondait à minuit, jusqu’à l’extrémité, à droite, qui correspondait également à minuit. La même opération fut faite sur la ligne horizontale placée immédiatement au-dessus, et qui correspondait au deuxième jour. Puis on renouvela celte inscription pour la troisième ligne et les suivantes jusqu’à la trentième. Alors le

Fig. 48. Courbes d’égale hauteur de la mer à Brest, suivant les heures et les jours, en avril 1859, construites par Fénoux, d'après la méthode de Lalanne.

tableau fut couvert de chiffres, ainsi qu’il arrive dans la construction des courbes d’égal niveau terrestre. On joignit entre eux les points qui présentaient la même cote d’altitude et l’on obtint la figure 48. ( Annales des ponts et chaussées , 2e sem. 1869, pl. CCI.)

Quand on regarde cette figure sans être prévenu de la signification qu’elle doit avoir, il semble qu’on ait sous les yeux le plan en relief d’une surface formant une double série d’élévations et de creux alternatifs des eaux. Mais il n’en est pas ainsi; aux deux coordonnées qui paraissent exprimer deux dimensions de l’espace, correspondent, en réalité, deux mesures de temps : les heures et les jours.

La hauteur de la mer, à une heure quelconque d’un jour quelconque, correspond à l’intersection des deux divisions qui répondent sur l’abscisse à cette heure et, sur l’ordonnée, à ce jour. Mais, grâce aux courbes d’égal niveau qui joignent les points où, à des heures et des jours différents, la mer a eu la même hauteur, on saisit du premier coup la périodicité du phénomène qui fût restée inaperçue dans le tableau de chiffres qui la contenait cependant.

En comparant les hauteurs relatives des marées, dans la première quinzaine du mois avec celles de la seconde, on saisit la diminution d’amplitude de l’oscillation alternative du niveau de la mer. Nous ne multiplierons pas davantage les exemples de ce mode de représentation, le lecteur comprendra que le nombre des phénomènes qui peuvent être exprimés en fonction de deux variables est pour ainsi dire illimité, et que, par conséquent, ce mode d’expression graphique peut s’appliquer aux cas les plus divers.

J’ai sous les yeux un tableau intitulé Dromographe planétaire , publié par Lévy et Lewandowski pour l’année 1849. Les heures du jour et les jours de l’année sont pris comme abscisses et ordonnées. A ces deux axes sont rapportés les instants du lever et du coucher du soleil, de la lune et des principales planètes pour l’horizon de Paris.

Des tables graphiques employées comme instruments «le calcul. Anamorphose géométrique.

11 résulte de ce qui précède, que l’on peut, par des constructions appropriées, établir, une fois pour toutes, des tableaux graphiques à lignes d’égal élément cotées, sur lesquelles, au moyen d’une simple lecture, on obtient la valeur numérique d’un élément qui dépend de deux autres. Il est donc possible d’employer des tableaux de ce genre pour remplacer des tables numériques à double entrée, avec avantage, parce qu’ils permettent des interpolations à vue auxquelles les tables chargées de chiffres ne se prêtent nullement. C’est dans ce sens qu’une figure à lignes d’égal élément cotées peut devenir un véritable instrument de calcul.

Telle était celle que Pouchet avait proposée dès 1795 pour don-

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