‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 56 sur 277 · DÉPLACEMENTS CONTINUS · texte numérisé non relu

DÉPLACEMENTS CONTINUS

Enfin, on constate que les pistes de gauche, celles qui sont en haut de la figure, sont plus écartées que celles de droite, d’oii l’on peut conclure que l’animal exécutait alors un mouvement tournant, le centre de la courbe qu’il parcourait étant à sa gauche.

Photographie «le positions alternatives d'un corps.

Lorsqu’un déplacement périodique s’effectue entre deux points toujours les mômes, la photographie fournit deux images assez nettes du corps en ses deux positions extrêmes.

Onimus a fait une heureuse application de ce procédé pour déterminer les deux états si différents que présente le cœur, au point de vue de sa forme et son volume, dans ses réplétions el ses évacuations alternatives.

Les cordes vocales, pendant l’émission des sons, offrent un aspect analogue à celui des branches d’un diapason qui vibre : un contour vague et un autre mieux défini tracent les limites de leurs excursions vibratoires.

Il n’est pas nécessaire de multiplier les exemples de mouvements intermittents dans lesquels la photographie permet de saisir les positions alternatives d’un corps et fournit ainsi d’utiles renseignements pour la connaissance de ses déplacements.

Déplacement continu.

Cette détermination est beaucoup plus importante que la précédente, car elle s’applique à un bien plus grand nombre de cas.

Lorsqu’un point lumineux se déplace avec vitesse, il laisse de son passage une trace brillante; tantôt c’est une traînée lumineuse comme celle qui persiste quelque temps dans le ciel après le passage d’un bolide; tantôt c’est notre œil lui-même qui garde quelques instants la sensation de l’éclat qui l’a frappé. Cette lueur, réelle ou subjective, nous montre, dans son ensemble, le chemin parcouru par un charbon ardent qu’on agite; elle nous révèle la marche en zigzag de l’éclair ; c’est elle, sans doute, qui a inspiré à l’homme l’idée d’exprimer par une figure plane la trajectoire apparente des corps qui se déplacent. Cette expression du

mouvement est identique à celle de la forme matérielle des corps ; au reste, ces deux notions, de mouvement et de forme, sont connexes dans l’esprit. La ligne droite n’est-elle pas définie le chemin le plus court d’un point à un autre ? La géométrie n’enseigne-t-elle pas que la circonférence du cercle est engendrée par le mouvement d’un point qui reste toujours à la même distance d’un autre point immobile qui est le centre? Enfin, l’artiste qui reproduit la figure d’un objet ne suit-il pas avec les yeux tous les contours que son crayon retrace sur le papier?

Ainsi, un même procédé suffit pour exprimer, avec une facilité égale, une forme ou un déplacement; mais il n’est pas également facile d’acquérir ces deux notions. Pour apprécier la forme, nous pouvons user du concours de tous nos sens dont le rôle est facilité par la permanence et la fixité de cette forme. Pour apprécier un mouvement, au contraire, notre vue seule peut nous servir dans la plupart des cas, et bien souvent encore, le mouvement, par sa nature, lui échappe tout à fait : il est trop lent ou trop rapide, ou n’a pas une étendue suffisante.

Les appareils inscripteurs surmontent toutes ces difficultés à la lois, lorsqu’ils chargent le mobile lui-même de tracer la forme de son mouvement. Ce résultat n’a guère été obtenu jusqu’ici que dans certains cas spécialement favorables, mais cette méthode d’inscription autographique prend chaque jour une extension plus grande et l’on ne saurait prévoir où s’arrêtera son emploi.

Imaginons une machine dont les organes se meuvent avec une grande vitesse; l’œil ne peut mesurer l’étendue, ni même apprécier la forme de ces mouvements. Mais qu’on attache un crayon à l’une de ces pièces mobiles et qu’on reçoive, sur un papier, le tracé du mouvement pi’oduit, on obtiendra des figures variables suivant le mode de déplacement de l’organe exploré : une ligne droite exprimera un mouvement rectiligne et en mesurera l’étendue; ailleurs, se traceront des figures circulaires ou elliptiques d’une régularité plus ou moins grande. On s’apercevra alors que le mouvement des pièces n’est pas toujours celui que la théorie de la machine eût lait prévoir; que l’élasticité d’un organe ou l’imperfection d’un ajustage suffisent pour l’altérer et pour troubler les fonctions du mécanisme *.

1 . On raconte que Le Chatelier, voulant corriger, à l’aide de contre-poids, les mouvements de lacet qu’imprime aux locomotives la vitesse acquise des pistons et des bielles,

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