MOUVEMENTS D’UNE MACHINE
Mais le mouvement qu’on veut connaître n’esl pas toujours susceptible d’être inscrit sur le papier avec ses dimensions réelles; s’il est trop petit, il faut le grandir pour que sa trace devienne visible ; trop grand, il doit être réduit pour tenir dans les dimensions du papier. Les procédés d’amplification ou de réduction sont nombreux ; ils dérivent, pour la plupart, des propriétés géométriques du levier, comme cela se voit dans le panlographe. L’amplification ou la réduction d’un mouvement peut se faire également au moyen d’engrenages.
Un des plus grands obstacles à l’emploi de la méthode graphique pour étudier les déplacements d’un corps, c’est la difficulté qu’il y a, presque toujours, à fixer à ce corps un style écrivant, et surtout à placer une feuille de papier de façon qu’elle reçoive le tracé du style. Aussi est-il indispensable d’avoir un moyen de transmettre le mouvement à distance, l’empruntant à l’organe qu’on étudie, pour l’envoyer au style qui doit l’inscrire $ur le papier. C’est par des tubes à air que j’ai obtenu les transmissions les plus satisfaisantes.
La disposition qui se prête à la plupart des expériences consiste à employer deux tambours à levier 1 dont l’un reçoit le mouvement tandis que l’autre le trace.
suspendit avec des chaînes une de ces machines et la lit mettre en marche de façon que les roues tournaient librement dans l’air. Puis, plaçant au-dessous de la locomotive un pinceau qui frottait sur une feuille de papier, il recueillit une courbe d’apparence elliptique, d’assez grande étendue. Des contre-poids de différentes masses furent alors employés jusqu’à ce que, par tâtonnements graduels, on eût amené le | pinceau à ne plus tracer qu’une ligure d’étendue extrêmement réduite; les oscillations de la machine étaient alors sensiblement supprimées.
1. Ces tambours sont formés chacun d’une caisse métallique fermée en haut par une membrane de caoutchouc mince et très-peu tendue. Les deux tambours portent chacun un tube métallique qui s’ouvre à leur intérieur et s’adapte à un tuyau de caoutchouc qui les fait communiquer l’un avec l’autre. Si l’on appuie sur la membrane du premier tambour, on expulse une partie de l’air qu’il contient; cet air passe à travers le tube dans le deuxième tambour dont il soulève la membrane. Quand on cesse de presser sur le premier tambour, la membrane du deuxième s’abaisse. C’est cette solidarité d’action des deux tambours qui permet de transmettre un mouvement à distance. Poui cela, on colle sur chacune des membranes un disque d’aluminium relié avec un levier qui s’articule, par une de ses extrémités, à un point fixe placé dans le voisinage de l’axe. Cette articulation permet au levier d’exécuter des mouvements verticaux.
Or, si l’on imprime un mouvement à l’un des leviers, cela produit, par l’intermédiaire du disque d’aluminium, une élévation ou un abaissement de la membrane du tambour correspondant. 11 s’ensuivra un mouvement semblable, mais de sens inverse, dans le levier conjugué, et si celui-ci est muni d’une plume qui trace sur un papier enfumé, un tracé sera obtenu. (Voy. Technique, ch. i.)
La figure 54 montre une disposition qui permet de transmettre très-facilement le mouvement rectiligne d’un point quelconque au tambour explorateur, c’est-à-dire à l’instrument qui reçoit ce mouvement et l’envoie par un tube au tambour inscripteur.
Il suffit d’attacher un fil à la pièce dont on veut apprécier le mouvement, l’autre extrémité de ce fil étant reliée à un levier disposé comme dans la figure. En effet, ce levier est tiré par en haut au moyen d’un ressort spiral fixé à une potence, et d’autre part tiré en
Fig. 54. Tambours à leviers conjugués pour la transmission îles mouvements h distance.
sens inverse par le fil que l’opérateur tient à la main. Si la main s’àbaisse, le levier, cédant à la traction du fil, s’abaissera aussi en tendant le ressort spiral. Si la main s’élève, le ressort spiral fera remonter le levier et le fil restera toujours tendu. Tous ces mouvements seront répétés par le levier inscripteur, mais en sens inverse, l’élévation d’un levier provoquant la descente de l’autre *. Il est très-commode, dans un grand nombre de cas, de transmettre ainsi un mouvement par un simple fil que l’on peut, suivant le besoin, prendre plus ou moins long.
L’inscription d’un mouvement rectiligne peut seule être obtenue
1 . Si-l’on veut que les deux leviers exécutent des mouvements de même sens,, il suffit de retourner un des deux appareils.