COMBINAISON DE DEUX MOUVEMENTS
nier, au South Kensington Muséum, une ingénieuse machine qui trace toutes sortes de figures résultant de la combinaison de deux mouvements rectilignes. Deux pendules montés sur des suspensions de Cardan portent l’un un style, et l’autre une surface sur laquelle le style écrit. Des poids curseurs permettent de régler à volonté la période d’oscillation de chacun des pendules, tandis qu’on peut, d’autre part, modifier à volonlé l’angle que forment entre eux les deux plans d’oscillation.
En variant les périodes et les angles d’oscillation, on obtient
Fig. 57. Tracé de l'harmonigraphe de Tisley. Rapport des oscillations : I : 3.
une variété pour ainsi dire infinie de formes diverses qui toutes présentent un grand intérêt.
La figure 57 représente des oscillations qui se combinent dans le rapport de 1 à 3, les deux ondes de mouvements ne se font pas dans deux plans rigoureusement perpendiculaires l’un iï l’autre: aussi voit-on sur la figure une légère dissymétrie qui va s’accentuer davantage dans les tracés suivants.
La figure 58, rapport de 1 à 2, est formée d’une série de 8 de chiffres s’inscrivant autour d’un même centre de rotation par suite du déplacement circulaire du papier qui reçoit les courbes. Les morphologistes feront bien de méditer cette figure qui montre
comment aes formes compliquées peuvent être engendrées par la combinaison de mouvements peu nombreux. Dans cette figure, comme dans toutes les autres, l’étendue du mouvement décroît, d’une manière graduelle, jusqu’au centre qui correspond à l’extinction complète des mouvements pendulaires.
La figure 59 est formée par l’inscription d’oscillations dans le rapport de 2 à 3. Ici encore on a un beau type d’une forme compliquée engendrée par des combinaisons assez simples.
On a vu précédemment qu’un mouvement rectiligne peut être transmis à distance à travers des tubes à air. Si l’on transmet de cette façon deux mouvements rectilignes perpendiculaires l’un à l’autre, on peut inscrire à longue distance tout mouvement qui s’effectue dans un plan. Cette méthode m’a servi pour étudier le mécanisme du vol des oiseaux et m’a permis de déterminer expérimentalement le mouvement que l’aile exécute autour de l’articulation de l’épaule pendant le vol ‘.
Comme la disposition la plus commode est celle que représente la figure 60 et dans laquelle il suffit d’attacher un fil au corps mobile pour transmettre les mouvements qui se produisent suivant la direction de ce fil, j’ai essayé de réaliser la transmission de deux mouvements dans ces conditions simplifiées.
L’inscription d’une figure dans un plan est depuis longtemps réalisée par l’emploi du pantographe , appareil dont les pièces articulées permettent de reproduire une figure quelconque, soit en grandeur naturelle, soit réduite ou amplifiée suivant le besoin.
Si l’on imprime à l’une des pointes du pantographe un mouvement quelconque, l’autre pointe inscrira ce mouvement. Mais le nombre des cas où cet instrument serait applicable pour l’étude des mouvements est fort limité, car il faut que le corps dont on veut inscrire la trajectoire soit amené au contact de l’instrument.
Une disposition fort simple m’a permis d’inscrire des mouvements qui se produisaient en un point assez éloigné, aune dizaine de mètres par exemple, ce qui est fort utile en certains cas. La figure 60 montre la disposition de l’appareil qui sert à cet usage et que je désignerai sous le nom de pantographe à transmission. C’est
1. On trouvera la description de l’expérience et de l’appareil [Bibl. des Hautes Études, t. I, 1869, p. 228, et la Machine animale, p. 244).