CHRONOLOGIES COMPARATIVES
Hanovre depuis Georges Ier jusqu’à Yictoria. Une bande teintée formée de hachures représente la durée de la vie de chacun des souverains; elle commence à la date de la naissance, qu’on lit sur l’une des abscisses où les dates sont numérotées de dix en dix années, et finit à la date de la mort.
La dui'ée du règne est figurée par une bande noire. Les généalogies se comprennent aisément, car la bande qui correspond à la vie de chaque souverain se détache de celle qui mesure la vie de son père comme une branche se détache d’un tronc.
On voit dans ce tableau que depuis l’avénement de Georges Ier jusqu’à celui de Yictoria, la succession au trône s’est faite en ligne directe; que les deux fils de Georges III ont régné tour à tour, et qu une régence de dix ans a marqué les dernières années de Georges III.
La durée comparative des règnes apparaît au premier coup d’œil ; l’âge des souverains au moment de la naissance de leur fils est également indiqué lorsque ceux-ci ont régné. La ligne de vie de la reine Yictoria ne se détache pas de celle des souverains qui l’ont pi’écédée, parce qu’elle est petite-fille de Georges III par le duc de Kent qui n’a pas régné.
Ravivés par l’inspection de ce tableau graphique, les souvenirs historiques prennent une précision e£ une sûreté qu’ils empruntent à la mémoire des yeux.
Sur le même tableau se trouvaient représentées les successions des divers lords chanceliers pendant la même période, toutes les variations de la dette, de l’importation et de l’exportation, les variations du budget des recettes et des dépenses de l’État. Enfin, et nous avons reproduit cette partie du tableau comme l’une des plus intéressantes, une ligne horizontale coupée en tronçons de longueurs variables exprime, pour l’Angleterre, les périodes alternatives de paix et de guerre pendant l’espace de temps considéré. Quelques mots explicatifs rappellent dans le tableau original quelles étaient les puissances engagées dans la lutte, de même que pour la généalogie des souverains, le nom de chacun d’eux est inscrit devant sa ligne de vie.
Cet extrait ne donne qu’une idée insuffisante du tableau auquel il est emprunté, et que les ressources de l’impression polychrome rendent encore beaucoup plus expressif. Ajoutons que la multiplicité même des documents qu’il présente et qu’il ramène
à une chronologie unique est un des principaux avantages qui ne saurait être reproduit dans notre petit format.
Les notions simples de grandeurs qui viennent d’être considérées isolément sont susceptibles de se combiner entre elles; or, de ces combinaisons naissent des notions plus compliquées comme celles de surface, de mouvement, de variation. Ces notions complexes trouvent dans la méthode graphique leur expression la plus parfaite.
Expression graphique des relations d'espace.
Nous concevons l’espace suivant trois dimensions : longueur, largeur et épaisseur; mais, pour exprimer cette triple notion, la méthode graphique ne dispose que des deux dimensions, longueur et largeur, que présente une feuille de papier; ces ressources suf- . Usent, dans un grand nombre de cas, pour représenter les trois dimensions de l’espace, grâce aux procédés de la géométrie descriptive ou de la perspective.
On a vu comment la notion simple de longueur se traduit par une ligne ; ce sera l’expression graphique de l'espace considéré suivant une dimension, c’est-à-dire de la distance qui sépare deux points. L’emploi du compas, du vernier ou du micromètre donne une précision merveilleuse à la mesure ou à la comparaison des distances qui sont représentées, tantôt en grandeurs réelles, tantôt amplifiées ou réduites à une échelle convenable. Cette possibilité de représenter les distances trop grandes ou trop petites à une échelle réduite ou amplifiée pour les besoins d’une compréhension facile, fait que, dans l’estimation ou la comparaison de ces grandeurs, nous jugeons mieux d’après les lignes tracées que nous ne le ferions à l’inspection des distances elles-mêmes.
L’espace considéré suivant deux dimensions nous donne la notion du plan. Des lignes tracées sur un plan expriment les différentes orientations ou directions ; enfin, l’espace limité par des lignes fournit la mesure des surfaces. C’est surtout dans les mesures de surfaces irrégulières que les constructions graphiques offrent toute leur importance, car rien ne saurait alors les remplacer. L’arpenteur n’a une idée exacte du terrain qu’il a mesuré que lorsqu’il en a tracé le plan sur son papier. Le géographe qui