‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 72 sur 277 · ALLURES DU CHEVAL · texte numérisé non relu

ALLURES DU CHEVAL

de deux êtres bipèdes marchant l’un derrière l’autre. La notation des allures du cheval est formée de quatre lignes groupées deux à deux. Les deux lignes supérieures correspondent à la notation des pieds de devant; les deux inférieures à celle des pieds de derrière.

Fig. 76. Notation des allures du cheval :

N° 1. Amble (tous les auteurs).

Amble rompu (Merche).

Pas relevé (Bouley).

!I\is ordinaire du cheval d'allure (Mazure). Amble rompu (Bouley).

Traquenard (Lecoq).

N° 4. Pas normal (Lecoq).

N° 5. Pas normal (Bouley, Vincent et Goilîon, Soleysell, Colin, etc.).

N° 6. Pas normal (Raabc),

N® 7. Trot décousu.

N“ 8. Trot ordinaire.

Huit allures sont notées dans la figure 76; elles dérivent les unes des autres par une anticipation de plus en plus prononcée des mouvements des pieds postérieurs. Ainsi, le premier terme

de la série est l’amble, allure dans laquelle le pied droit d’avant se meut en môme temps que le pied droit d’arrière ; il en est de môme du pied gauche. Dans l’allure n° 2, amble rompu, les pieds d’arrière entrent en mouvement un instant avant les pieds antérieurs. L’allure n° 3 montre une anticipation encore plus grande des membres postérieur^, et ainsi de suite, jusqu’à la huitième allure, le trot, dans laquelle le pied postérieur a fini entièrement son appui quand le pied antérieur du même côté se pose sur le sol.

Je ne puis insister sur les détails des expériences que j’ai faites . sur ce sujet, n’ayant pour but, en les rappelant ici, que de montrer une application de la méthode graphique à la détermination de mouvements successifs1.

Ce tableau ne renferme que les allures marchées , celles dans

Fig. 77. Galop à trois temps: A, indication des trois temps; 13, indication du nombre des pieds <1 u i forment l'appui du corps à chaque instant du galop à trois temps. I.e corps repose d’abord sur un pied, puis sur trois, sur deux, sur un seul, enfin il est un instant en l'air et la série recommence.

lesquelles le corps ne quitte pas le sol; encore faudrait-il retrancher de cette série le trot franc dans lequel le cheval quitte terre pendant un instant.

Quant aux allures sautées, leur notation montre que l’animal est suspendu pendant un certain temps au-dessus du sol; nous n’en donnerons qu’un type (fig. 77) : la notation du galop à droite 2.

1. Voyez, pour plus de détails, la Machine animale, p. 144. J

2. Si j’avais à reprendre aujourd’hui des expériences de ce genre, je renoncerais il l’emploi des signaux à air, pour adopter les signaux électriques légers comme ceux de Marcel Deprez. Do minces fils conducteurs s’aménageraient mieux le long des jambes de l’animal que les tubes de caoutchouc, et il serait plus facile, je crois, d’adapter sous le sabot un appareil qui ferme et ouvre un courant électrique pendant les appuis et levés du pied, que d’appliquer les appareils chargés de fournir les signaux à air. En outre, comme la notation est le but véritable de ces expériences, on pourrait l’obtenir direc-

DÉTERMINATION DES FRÉQUENCES.

Détermination de la fréquence d'actes successifs.

On a vu comment Eytelwein a déterminé, le premier, la fréquence des coups d’un bélier hydraulique. La môme méthode s’applique à toute espèce de phénomènes, et la précision qu’on peut atteindre dans ce genre de déterminations n’a pour ainsi dire point de limite. Tout dépend de l’approximation avec laquelle on évalue, en temps, la valeur des intervalles qui séparent les signaux enregistrés.

Pour revenir aux exemples précédents, supposons que chaque pas soit signalé sur un cylindre à rotation rapide, à côté du tracé d’un chronographe; la durée d’un pas se déduira du nombre des vibrations auxquelles il correspond. La fréquence des pas s’estimera d’après la durée de chacun.

On mesurera de la même manière le nombre des pulsations du cœur ou des mouvements respiratoires qui s’accomplissent en un temps donné. Cette estimation des fréquences pourra s’appliquer à des phénomènes extrêmement rapides. Ainsi, on mesure graphiquement le nombre des vibrations d’un diapason quelconque, en le munissant d’un style et en le faisant écrire à côté d’un chronographe ou d’un signal des secondes, ou bien à côté d’un ;\utre diapason dont le nombre de vibrations est connu.

l’ai déterminé graphiquement la fréquence des battements d’ailes de différents insectes, en faisant tracer leurs ailes à côté d’un diapason chronographe1. Prenons (fig. 78) une ouverture de compas égale à 25 vibrations du chronographe, ce qui correspond à 1/10 de seconde, et portons cette ouverture sur le tracé des coups d’aile, nous voyons que 6 coups d’aile y sont contenus, d’où il suit que l’aile de la guêpe battait 60 fois par seconde.

Le Dr Rosapelly a fait, dans mon laboratoire, des expériences

tement avec la disposition suivante : les tracés des signaux électriques seraient disposés sur deux séries de lignes parallèles, comme celles qui constituent la portée, dans la notation des allures. Chacun d’eux, terminé par un style à large bec comme une plume rognée, tracerait les signaux en venant frotter sur le papier au moment de l’appui du pied, et s’éloignerait du papier à l’instant du levé. Enfin, la forme des styles donnerait des tracés différents pour le pied droit et pour le pied gauche. La notation d’une allure serait ainsi obtenue directement dans des conditions très-simples et plus précises encore que dans mes premières expériences.

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