‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 81 sur 277 · MOUVEMENTS DU PIED · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DU PIED

Expériences sur les mouvements du pied dans la marche et la , ' course.

On s’attache au pied un fil qui s’enroule sur une poulie placée sur le premier mobile du compteur; une autre poulie, placée sur le troisième mobile, porte aussi un fil qui tire sur le style écrivant, déjà décrit figure 83. On obtiendra des tracés dans lesquels l’espace parcouru par le pied sera transmis au style, après avoir été réduit au 100e de son étendue réelle.

La figure 93 montre cinq tracés recueillis avec des allures iné¬

galement rapides. A correspond à la marche la plus lente ; B à la marche ordinaire; G à la course rapide. Les autres courbes sont obtenues avec des courses de moindre vitesse.

L 'espace total parcouru était 3 mètres */*> qui, réduits au 100% donnent 3 centimètres Va- Les temps employés à parcourir cet espace, aux différentes allures, se mesurent sur l’axe des abscisses, au moyen du tracé d’un chronographe de dix vibrations doubles par seconde.

Ces tracés expriment tout ce qui est relatif au transport du pied dans la marche. Ils montrent le temps pendant lequel le pied est à l’appui ou au levé, le chemin parcouru dans ce dernier cas, et les phases du mouvement.

1° Alternatives de repos et de mouvement du pied. — Il est clair que partout où les tracés montrent une ligne horizontale, ces

temps correspondent à l’appui du pied sur le sol et à son immobilité, puisque l’espace parcouru est nul. La durée de ces appuis décroît, comme on le voit, à mesure que l’allure s’accélère. Le temps pendant lequel le pied se déplace est indiqué par une ligne oblique dont la projection sur les ordonnées croît d’autant plus que l’allure est plus rapide. Gela prouve que la longueur du pas augmente en raison de la vitesse de l’allure.

On pourrait estimer avec précision les rapports de la vitesse à l’étendue du pas, les variations relatives de la durée des repos et des mouvements du pied, etc. ; mais je ne saurais ici m’appesantir sur ces détails ; le point essentiel à déterminer est le suivant :

2° Nature du mouvement de translation du pied. — Ce mouvement se traduit, presque dans son entier, par une ligne droite; il est donc uniforme pendant presque toute sa durée; les inflexions de la ligne, au commencement et à la fin, annoncent que, dans les allures rapides surtout, le mouvement du pied commence et finit par de courtes périodes de vitesse variable. On voit combien il s’en faut que l’oscillation de la jambe soit analogue à celle d’un pendule, comme l’avaient cru les frères Weber. Ces auteurs, en effet, croyaient que dans la marche les oscillations de la jambe qui se déplace n’étaient dues qu’à la pesanteur.

Il ne faudrait pas non plus attribuer exclusivement à l’action des muscles de la jambe ce transport à peu près uniforme du pied ; on sait que, dans ce transport, deux causes distinctes interviennent : d’une part, le mouvement angulaire que la jambe exécute autour de l’articulation de la hanche; d’autre part, le transport horizontal du bassin lui-même, c’est-à-dire du point de suspension de la jambe, pendant qu’elle oscille *.

On conçoit que, par la combinaison de ces deux influences, le mouvement du pied tende à l’uniformité ; cela arrivera si les minima de vitesse du premier genre de mouvement correspondent avec les maxima du second. Il devenait donc très-intéressant de déterminer quel est le mouvement de translation du tronc à diverses allures. L’appareil précédemment décrit sert encore à cette détermination

1 . Le capitaine Raabe publie en ce moment d’importantes études sur les mouvc» ments du pied aux diverses allures du cheval et sur la relation de ce mouvement avec la translation de la masse du corps. Nous regrettons que les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d’analyser ce travail remarquable.

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