VARIATIONS DE FRÉQUENCE
Courbe des variations de fréquence d’un phénomène.
L’odographe, en traduisant par une courbe la fréquence des pas, nous montre la relation intime qui existe entre une vitesse et une fréquence. Cette relation est si bien comprise par tout le monde, qu’elle a été consacrée dans le langage ordinaire et qu’on emploie indistinctement les expressions vile et fréquemment : ainsi, on dit que le cœur bat vite, qu’un homme qui a couru respire vite. ■
Actionner l’odographe par les battements du cœur ou par les mouvements respiratoires, tel est le moyen véritable de connaître les variations de fréquence de ces mouvements pendant une longue période de temps.
Or, de telles expériences auraient un très-grand intérêt; elles nous fourniraient certaines notions que l’on n’a guère que d’une manière approximative. De cet ordre serait la connaissance des variations physiologiques du pouls ou de la respiration aux différentes heures du jour, aux différentes phases de la digestion, sous l’influence de différentes substances ingérées, des changements de la température, etc.
Nulle patience ne pourrait atteindre à de pareilles déterminations qui, au contraire, se feront toutes seules et dans des conditions parfaites d’exactitude, au moyen des appareils inscripteurs.
Une autre notion très-importante que cette méthode devra nous fournir est celle des rapports normaux de la fréquence du pouls à celle de la respiration, des variations individuelles de . ce rapport et des conditions qui le modifient.
Enfin, la manière dont se comportent la fréquence du pouls et celle de la respiration dans les maladies est très-importante à connaître; les médecins ont à cet égard accumulé des observations sans nombre, mais toutes insuffisantes, parce qu’il n’est pas possible à la patience humaine de suivre, sans repos ni trêve, les phases de ces variations. Je ne prétends pas que chaque malade doive être soumis à l’emploi de ces appareils inscripteurs, mais il est indispensable que quelques-uns du moins se prêtent à ces études, pour fournir, en quelque sorte, des types pathologiques caractérisant la marche des différentes maladies.
La difficulté principale pour la réalisation pratique de ces études
consiste dans la faiblesse des mouvements qui doivent actionner l’odographe. Deux moyens permettent de surmonter cet obstacle : tantôt on ajoutera une force étrangère à celle du pouls ou de la respiration, comme on fait en télégraphie où des piles de relais interviennent lorsque le courant de ligne n’a plus assez de force pour actionner les signaux. Tantôt on cherchera le moyen d’augmenter la force des mouvements qui doivent agir sur l’odographe. On choisira, suivant les cas, l’une ou l’autre de ces méthodes.
Emploi des relais électriques.
Un mouvement très-faible, comme le battement du cœur d’une grenouille, suffit pour déplacer une tige légère qui, par ses oscillations, ouvrira et fermera tour à tour un courant électrique. Ces ruptures et clôtures produiront dans un électroaimant des mouvements aussi puissants qifon le voudra, et qui commanderont l’échappement de l’odographe avec autant de force qu’il sera nécessaire (voir Technique, chap. ni). Une courbe tracée par les changements de fréquence des mouvements du cœur d’une grenouille ressemble de tous points à celle que nous avons représentée figure 96, ligne D, et qui exprime le ralentissement graduel d’un rouage d’horlogerie ; pareil ralentissement s’observe dans les mouvements d’un cœur de grenouille mis à nu et soumis aux causes de refroidissement.
Amplification de la force des pulsations artérielles.
On sait, d’après le principe de Pascal, que l’effort développé par une pression est d’autant plus considérable qu’il est recueilli sur une plus grande surface. De là résulte cette conséquence, que les gonflements intermittents que produit dans nos organes la pénétration du sang, à chaque ondée cardiaque, constituent une force considérable. Recueillir cette force de gonflement sur une grande surface des tissus, tel est le moyen d’obtenir, à la place des légères pulsations artérielles, des efforts énergiques, trèssuffisants pour actionner l’odographe. Mais, jusqu’ici, ces appareils explorateurs sont difficiles à appliquer; j’ai fait à cet égard