MARCHE DE L’HOMME
fait une série d’arrêts à divers intervalles. B est une autre voiture d’une allure environ deux fois plus lente. C correspond à la marche d’un petit moteur à gaz du système Bischop qui est employé dans mon laboratoire. D, courbe à convexité supérieure, est la marche d’un rouage d’horlogerie à ressort, sorte de gros tournebroche muni d’un volant. La lecture de pareils tracés n’a rien que de très-facile, toutefois nous entrerons à cet égard dans de minutieux détails.
On trouvera ailleurs (Technique, chap. ni) l’analyse détaillée du tracé fourni par un odographe appliqué à une voiture. On verra comment, après avoir expérimentalement mesuré la longueur dont s’avance le style à chaque kilomètre parcouru, rien n’est plus facile que d’estimer le nombre de kilomètres en les comptant sur les divisions verticales du papier. Espaces parcourus, vitesses absolues et relatives, changements dans la marche, etc., tout se traduit suivant la méthode d’expression graphique imaginée par Ibry et que nous avons suffisamment développée (lre partie, p. 20).
Les courbes fournies par l’odographe sont l’expression la plus complète d’un mouvement rectiligne. Jusqu’ici on a pu, à l’aide de compteurs de tours de roue, savoir combien de tours ont été faits, et par conséquent combien de chemin a été parcouru par une voiture ; combien de gaz ou d’eau a été débité, combien de tours ont faits l’hélice d’une machine, la girouette d’un anémographe, la meule d’un moulin, etc. Mais avec quelles phases d’accélération ou de ralentissement ces mouvements se sont-ils effectués? Cette question n’avait pas encore été résolue; on en comprend l’importance sans qu’il soit besoin d’insister longuement à cet égard.
Application de l’odographe à l’étude de la marche de l’homme.
Une disposition fort simple permet d’actionner l’instrument par la pression que l’un des pieds exerce sur le sol à chaque pas. On adapte sous la chaussure un petit appareil qui est comprimé à chaque appui du pied et qui envoie alors une soufflerie d’air à l’odographe.
L’expérience faite dans ces conditions fournit des tracés dont la pente est plus ou moins rapide, suivant la rapidité de la marche.
L’analyse de ces courbes présente un très-grand intérêt au
point de vue de la physiologie de la marche. Les tracés ressemblent entièrement, au premier abord, à ceux qu’on obtient en inscrivant la translation d’un véhicule; mais si l’on a soin de s’arrêter un instant à chaque kilomètre, on s’aperçoit que le tracé n’a pas toujours la même hauteur (comptée sur l’axe des y) pour chacun des kilomètres parcourus ; cela tient à ce que la longueur du pas n’est pas invariable comme celle d’un tour de roue, mais change avec la nature du chemin. Le pas s’allonge sur une bonne route et dans les descentes de moyenne rapidité. Il se raccourcit au contraire sur les terrains boueux, empierrés, sablonneux ou montants. Il est intéressant de déterminer les variations de la longueur du pas, non-seulement suivant la taille de l’individu, sa force, son état de repos, de fatigue ou d’excitation, mais aussi suivant la pente et la nature du terrain. A cet égard les mesures relatives de la longueur du pas sont d’une exactitude extrême. Supposons que les tracés d’une marche en montée et d’une marche en descente soient dans le rapport de 9 à 10; on en devra conclure que le pas de montée sera d’un dixième plus court que celui de descente. Quant à la longueur absolue de chacun de ces pas, elle se déterminera en sachant combien de fois il faut actionner l’odographe pour faire avancer le style traceur d’un centimètre. Le pas humain est d’tzne remarquable égalité pour un même individu qui marche sur une route semblable, dans les mêmes conditions de température ambiante.
Il semble que ce genre d’études doive rendre des services à la profession militaire, où l’on observe avec tant de soin tout ce qui se rattache à la longueur et à la vitesse du pas. (Voir Technique, chap. in.)
Appliquant aux mouvements intermittents de translation du pied le mode de représentation d’Ibry, Lenoble du Teil a tracé la courbe des mouvements des quatre pieds du cheval aux diverses allures. Nous renvoyons à la Technique (chapitre Ier) l’examen de ces figures qui sont construites après coup, en combinant les données que fournissent les pistes des allures, relativement aux changements d’espace, à celles que donnent, relativement aux temps, les rhythmes enregistrés.