MOUVEMENT RECTILIGNE ALTERNATIF
Ni
A. — Inscription des mouvements rectilignes alternatifs.
La physiologie n’offre à considérer, dans le mouvement des organes, que des déplacements alternatifs de sens inverses. — Mouvements musculaires; myographe simple; myographe à transmission. — Myographie basée sur l’inscription du gonflement musculaire et applicable à l’homlne. — Pneumographe, appareil inscripteur des mouvements respiratoires. — Inscription des mouvements de la locomotion; action des membres ; réactions imprimées au corps. •
B. — Inscription des mouvements composés qui s’exécutent dans un même plan.
Expériences des acousticiens ; tracés de Kœnig. — Applications à la détermination des mouvements de l’aile de l’insecte. — Trajectoire de l’aile de l’oiseau. — Oscillations de l’oiseau dans le sens vertical. — Trajectoire de l’oiseau dans les airs. — Applications diverses.
Les mouvements dont nous avons étudié jusqu’ici le mode d’inscription sont fort simples : non-seulement ils sont rectilignes, c’est-à-dire que le style qui les trace ne se déplace qu’en ligne droite, mais ils sont d’un seul sens ; le style écrivant ne marche qu’en avant et, par conséquent, la courbe tracée monte d’un mouvement plus ou moins brusque, s’arrête parfois pour donner naissance à un trait horizontal, mais ne redescend jamais.
La méthode que nous venons de décrire se trouverait donc impuissante à représenter la plupart des mouvements qui se produisent chez les êtres animés. En effet, si la locomotion de ces êtres peut avoir lieu parfois dans une direction unique, les mouvements qui engendrent cette locomotion présentent, quand on les considère en eux-mêmes, un caractère essentiellement alternatif. Par rapport au corps de l’animal, le pied avance et recule tour à tour, tandis que, sur le sol, il va toujours en avant. Le
MYOGRAPHES.
mouvement alternatif est absolument imposé à tous les organes vivants; il résulte de la nature même du tissu musculaire qui lui donne naissance1.
Inscription des actes musculaires.
Les mouvements musculaires se composent de raccourcissements suivis d’un retour plus ou moins rapide du muscle à sa longueur première.
Employer ce mouvement pour imprimer un va-et-vient à un style inscripteur, tel est l’objet de la myographie. Différentes dispositions servent à guider le style suivant une ligne droite (voir Technique, chap. n). Comme la myographie s’emploie principalement sur des animaux de petite taille, il faut amplifier ces mouvements avant de les inscrire.
Dans ce but, on fait agir le mouvement exploré sur un levier qui l’agrandit plus ou moins, à volonté, d’après la longueur relative qu’on donne aux deux bras.
Myographe simple.
Sur les petits animaux, l’action musculaire s’inscrit au moyen d’un appareil à levier qu’on nomme myographe. Le premier appareil de ce genre fut construit par Helmholtz. Mais, dans sa disposition primitive, le myographe n’inscrivait pas fidèlement le mouvement exécuté par le muscle2.
Du reste, tous les anciens appareils inscripteurs employés en physiologie avaient un défaut commun : la pointe traçante était reliée à des pièces massives qui présentaient des oscillations propres, de sorte que la courbe ne reproduisait pas fidèlement les mouvements qu’il s’agissait d’inscrire.
On trouvera ailleurs3 la disposition que j’ai donnée au myo-
1. Ce caractère alternatif du mouvement n’existe en général qu’au lieu même où il se produit; plus loin, transformé par diverses influences liées à l’élasticité des tissus, le mouvement revêt souvent le caractère continu, comme dans le cours du sang, ou semble moins discontinu, comme dans l’action musculaire.
2. Voyez Marey, Du mouvement dans les fondions de la vie, p. 223.