Loc. cit.i p
l'ig. 97. Myograplie simple.
l'ig. 18. Secousses musculaires inscrites au moyen du myographe simple. De bas en haut les secousses sont modifiées par la fatigue.
MYOGRAPHES.
graphe, on y verra représentées et analysées les courbes qu’il fournit pour les différentes espèces de mouvements musculaires ; il suffît donc de rappeler dans la figure 97 la disposition du myographe simple et de fournir, dans la figure 98, un exemple des tracés que donne un muscle de grenouille soumis à des excitations successives. En bas de la figure, sont les premières secousses; la fatigue allonge peu à peu la durée de ces mouvements et en diminue l’amplitude.
Mais je dois signaler une disposition nouvelle que j’ai donnée à cet instrument et qui me semble destinée à rendre de grands services à la physiologie : je veux parler du myographe à transmission. Cet appareil réalise une grande simplification de la myographie, puisqu’il permet d’inscrire des courbes musculaires au moyen du tambour à levier qui sert déjà à un grand nombre d’usages. Voici la disposition de l’instrument.
Myographe à transmission.
Cet appareil est représenté, vu d’en haut, figure 99. La grenouille, fixée au moyen d’épingles sur une planchette de liège, a lé tendon d’Achille relié au levier d’un tambour l. Celui-ci est établi avec la planchette sur un support2 commun. Un tube de transmission par l’air relie ce tambour à celui qui inscrira les actes musculaires; cette transmission ne diffère en rien de celle que nous avons représentée déjà (page 122).
Chaque raccourcissement du muscle, faisant presser le levier contre la membrane, expulse une certaine quantité d’air du tambour explorateur dans le tambour inscripteur.
On envoie ainsi à distance le mouvement d’un muscle et ce mouvement donne des courbes identiques à celles du myographe simple. Or, pendant que le mouvement s’inscrit, l’animal peut être placé dans toutes les altitudes : il peut être plus ou moins éloigné des appareils inscripteurs ; on peut le placer dans une enceinte à différentes températures, le plonger dans certains liquides ou
1. Habituellement je donne au levier de cette sorte de tambour (levier explorateur) plus de solidité qu’à celui des appareils inscripteurs qui doivent être essentiellement légers.
2. J’appelle support à bascule une pièce qui, au moyen d’une vis de réglage, s’élève ou s’abaisse, aün de graduer les frottements du style sur le cylindre.
certains gaz. Tout cela était à peu près irréalisable avec le myographe à inscription directe.
Il ne sera pas question ici de la manière de sensibiliser ou de désensibiliser le myographe à transmission, afin de donner aux courbes musculaires les dimensions les plus convenables. Tous ces détails trouveront leur place dans un chapitre spécial destiné à la technique de la méthode graphique. (Voir Technique, chap.n.) Il en sera de môme au sujet des moyens de disposer les tracés de
Fig. 99. Myographe à transmission.
façon à en faire tenir le plus grand nombre possible dans un petit espace.
Mais je ne saurais trop insister sur la nécessité absolue d’inscrire la courbe musculaire d’une manière complète, c’est-à-dire avec les différentes phases du mouvement.
Le professeur Fick a cru faire une simplification utile dans certains cas, en réduisant le tracé du myographe à une ligne verticale dont la hauteur exprime l’amplitude du raccourcissement musculaire. Ce résultat s’obtient en recueillant le tracé myogra-
MYOGRAPHES.
phique sur un cylindre immobile qu’on déplace seulement, dans l’intervalle des mouvements, d’une très-petite quantité pour em¬
pêcher les traits de se confondre. La figure 101 montre un exemple fie ce genre d’inscription.
Fig. loi. Même figure que ci-dessus, obtenue par la méthode de Fick.
Assurément on voit très-bien, dans cette figure, les différences d’amplitude que présentent successivement les mouvements recueillis; on suit les changements qui peuvent survenir dans la hauteur des maxima et des minima des tracés; mais on n’a aucune idée des durées relatives que présentent les phases du raccourcissement du muscle et du retour de celui-ci à sa longueur première. Et si quelque accident se produit dans le mouvement d’ascension ou de descente de la courbe, ce caractère échappe à l’observation.
Réduire la méthode graphique à la seule inscription de l’étendue d’un mouvement, c’est se priver de renseignements utiles sans rien gagner en échange, car dans les courbes musculaires complètes on peut tout aussi bien estimer les amplitudes relatives de plusieurs mouvements successifs. La figure 100 représente, dans leurs phases complètes, les mouvements qui étaient exprimés (fig. 101) par la méthode de Fick; elle montre comment varie la secousse d’un muscle de grenouille sous l’influence d’un échauffement graduel1.
Myographe inscrivant le gonflement des muscles.
Il est encore un autre moyen de recueillir le mouvement d’un muscle : il consiste à prendre, comme force motrice appliquée au levier du myographe, non plus le raccourcissement, mais le gonflement de l’organe. Il est bien reconnu aujourd’hui que tout raccourcissement musculaire s’accompagne d’un gonflement correspondant, car le muscle ne fait que changer de forme, et garde, sensiblement du moins, la môme densité, qu’il soit en contraction ou en relâchement.
Utiliser le gonflement d’un muscle pour en inscrire les mouve-
1. Pendant que s’inscrivaient les secousses musculaires de la figure 100, le cylindre tournait d’une manière continuelle ; la première courbe s’est inscrite au premier tour, la seconde au deuxième et ainsi de suite. Ainsi, chaque secousse arrive en retard sur la précédente d’un tour de cylindre plus une fraction .constante. On obtient cette disposition au moyen d’un interrupteur rotatif entraîné par le mouvement du cylindre luiméme. A cet effet, l’axe du cylindre porte une roue dentée qui engrène avec une autre roue portant une dent de plus qu’elle. Celte dernière porte un excentrique au moyen duquel, à chaque tour, un courant électrique est envoyé à la grenouille. La différence du nombre des dents produit à chaque révolution du cylindre un retard constant de la roue de l’excitateur.
MYOGRAPHES.
ments, c’est améliorer beaucoup les conditions de la myographie. En effet, ce procédé, permettant d’agir sans mutilation sur un muscle, fournit nécessairement des résultats meilleurs, puisque le muscle exploré se trouve dans des conditions d’intégrité parfaite. En outre, et c’est le principal avantage de cette sorte de myographie, elle permet d’étudier là fonction musculaire sur l’homme et
Fig. 102 . Figure théorique du myographc inscrivant les phases du raccourcissement des muscles
se prête à toutes sortes de recherches de physiologie et de clinique.
Les figures 102 et 103 montrent le principe sur lequel s’appuient les deux sortes de myographie. Dans la première, on voit le levier du tambour explorateur tiré de haut en bas par le tendon d’un muscle dont l’attache osseuse serait fixée par un procédé quelconque. Dans la seconde, le levier, muni d’un bouton métallique, presse sur le muscle qu’il explore et l’aplatit transversalement contre une plaque de métal qui lui sert d’appui En faisant glisser verticalement le tambour explorateur le long de la tige qui le supporte, on exerce des pressions plus ou moins énergiques sur le muscle exploré, ce qui est souvent très-utile pour sensibiliser l’instrument au maximum.
Des excitateurs électriques, isolés l’un de l’autre, sont adaptés
1. Voyez, pour les détails de la myographie fondée sur l’étude du gonflement musculaire, Du mouvement dans les fonctions de la vie, p. 248, et la Machine animale p. 36 et 238.
aux deux surfaces métalliques entre lesquelles le muscle est saisi, et servent à provoquer toutes sortes d’excitations directes de cet organe, soit par les courants d’une pile, soit par ceux d’une bobine d’induction ou par les décharges d’un condensateur.
Celle disposition rappelle celle que j’employai dans mes premières expériences et décrivis sous le nom de pince myographique 1 2 * * * * ; elle est toutefois beaucoup plus simple et n’exige, pour ainsi dire, aucune construction spéciale8. Des pinces myogra-
Fig. 103. Figure théorique du myographe inscrivant les phases du gonllement des muscles.
phiques multiples, appliquées sur le trajet d’un faisceau musculaire, servaient à signaler le passage de Y onde et à en mesurer la vitesse de propagation; l’explorateur représenté figure 103 peut, avec avantage, s’employer dans les mêmes conditions. Les expériences relatives au mouvement de l’onde musculaire trouveront leur place dans la quatrième partie de cet ouvrage ; elles se rattachent à un genre d’étude particulier basé sur l’inscription simultanée de phénomènes multiples.
En résumé, toutes les expériences de myographie que l’on peut faire sur les animaux n’exigent plus d’autre appareil que le tam-