Pour les expériences, voyez la Machine animale , p
MOUVEMENTS DU VOL DE L’OISEAU. 21 f
tion de l’aile de l’oiseau, une courbe fermée dont la figure 115 fournit un type.
La trajectoire de l’aile d’un oiseau représente toujours une
Fig. 1 14. Courbes des deux ordres de mouvement de l'aile d’un pigeon. AP, ligne pleine, mouvements dans le sens antéro-postérieur. HB, ligue ponctuée, mouvements de haut en bas.
sorte d’ellipse dont les deux axes sont fort inégaux. Le grand axe est incliné en bas et en avant par rapport à la direction
Fig. 115. Courbe fermée de la trajectoire de l’aile du pigeon obtenue par la recomposition géométrique des deux courbes de la ligure 114.
du vol. Enfin, la flèche qui accompagne la courbe indique le sens dans lequel s’effectue le mouvement.
On peut encore Obtenir une courbe composée qui exprime les
deux ordres d’oscillations qu’un oiseau, en volant, exécute dans le plan vertical. On a vu figure 109 la disposition de l’appareil explorateur des oscillations verticales. Placé sur le dos d’un oiseau, sur la croupe ou sur le garrot d’un cheval, sur la tête d’un coureur, cet appareil transmet au levier écrivant ce qu’on appelle les réactions verticales. Si, au lieu d’être horizontale, la membrane de ce tambour explorateur était placée dans un plan vertical, en présentant sa face antérieure dans la direction du vol, l'appareil deviendrait un explorateur des réactions horizontales, c’est-à-dire des accélérations et des ralentissements qui accompagnent les différents instants du vol. En combinant deux explorateurs des oscillations de l’oiseau, de façon à recueillir et à inscrire en même temps les oscillations verticales et les oscillations horizontales, on obtient une courbe qui retrace toutes les réactions du vol. Je ne ferai pas ici l’analyse de cette courbe1 2, et me bornerai à la signaler comme l’une des plus instructives qu’on puisse recueillir dans l’analyse graphique du vol des oiseaux.
Enfin, j’ai proposé un procédé qui permettrait d’inscrire la trajectoire que parcourt dans l’espace un oiseau qui plane ou un ballon emporté par le vent*.
Les applications de la méthode graphique à la détermination des mouvements composés sont encore rares en physiologie, mais la physique en devra tirer un grand secours. Depuis les belles expériences de Kœnig qui inscrivit les vibrations composées d’une verge de Wheatstone sur un cylindre tournant, il s’est ouvert aux physiciens des horizons nouveaux qui ne resteront pas longtemps inexplorés. Quant à la physiologie, elle doit, avant d’aborder les phénomènes complexes, appliquer les procédés d’in-
♦fV.
1. Voyez, pour les détails de cette analyse, la Machine animale, p. 280, et Technique, chap. v.
2. Ce procédé consiste dans l’emploi de deux chambres noires orientées perpendiculairement entre elles et situées toutes deux dans un môme plan horizontal, à une distance connue l’une de 1 autre. Deux observateurs suivraient chacun la trajectoire de 1 oiseau, à l’aide d un style qui pointerait des intervalles de temps réguliers. Les deux styles seraient reliés électriquement l’un à l’autre et pointeraient les temps tous deux ensemble, par la clôture d’un même courant de pile.
De ces deux images, dont chacune correspond à la projection de la trajectoire de Toi-' seau .sur un plan vertical et qui sont recueillies chacune sur un plan perpendiculaire à celui de l’autre, se déduirait géométriquement la trajectoire de l’oiseau dans l’espace.