‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et principalement en physiologie et en médecine [electronic resource]Chapitre 160 sur 267 · CL · texte numérisé non relu

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Fig. 208. Tracés des différents degrés de l'occlusion labiale, correspondant à différentes voyelles.

clôture absolue, quand elle occupe la ligne horizontale inférieure. Mais on remarque en certains points (au-dessous de v et de f) que la ligne horizontale est située moins bas, ce qui correspond à la demi-fermeture dont on vient de parler. Enfm, au-dessous de bv,

Fig. 209. Disposition pour l'inscription simultanée du mouvement des lèvres et des vibrations

du larynx,

on voit un ressaut de la ligne (au point v) où les lèvres passent de l'occlusion complète du 6 à la demi-occlusion du^'u.

Nous laisserons de côté ce qui est relatif aux mouvements labiaux de sens antéro-postérieur, et nous nous préoccuperons exclusivement de la détermination des consonnes labiales.

Il ne suffit pas du tracé des mouvements des lèvres pour caractériser les consonnes labiales, car l'occlusion complète des lèvres existe aussi bien pour le p que pour le b, l'occlusion incomplète s'observe également pour le v et pour 1'/". Mais ces quatre consonnes seront entièrement caractérisées si nous inscrivons, en même temps que le mouvement des lèvres, les vibrations du larynx. En effet, dans l'articulation du p et de Vf, le larynx est muet ; il vibre, au contraire, pour le b et \e v.

Superposons le style du signal électrique des vibrations du larynx à celui du levier qui inscrit le mouvement des lèvres, comme dans la figure 209, et faisons tracer ces deux pointes sur un cylindre à rotation lente ; nous obtiendrons un double tracé qui ren-

\AAAMAMAAM "■.

Fig. 210. Inscription simultanée des mouvements des lèvres et de ceux du larynx.

fermera tout ce qui est nécessaire pour caractériser ces quatre consonnes, p, 6, comme on les voit figure 210.

Inscription des mouvements du voile du palais. — Les consonnes nasales m et n s'accompagnent d'une émission d'air par les narines, ce qui tient à ce que le voile du palais s'éloigne de la paroi postérieure du pharynx au moment de l'émission de ces sons. Autant il serait difficile d'explorer d'une manière directe les mouvements du voile du palais, autant il est facile de signaler ces mouvements d'après l'échappement d'air qui en est la conséquence. A cet effet, on introduit dans une des narines un tube qui y reste à demeure et qui, relié par un tuyau de caoutchouc à un tambour à levier inscripteur, signale, par une élévation de la courbe, chacune des émissions de l'air par le nez.

En inscrivant à la fois les trois indications que nous possédons déjà : mouvement des lèvres, du larynx et du voile du palais, noiis constaterons que l'm n'est qu'un b avec émission d'air par les narines, de même que nous avons vu que le b n'est qu'un p avec vibration du larynx.

Nous ne pouvons insister plus longuement sur ces expériences

Répères

Pression n.

Vibr.lar.

Mouv.lèv.

a m ma

r m 1 u 1 1 m H 1 M i-mî t ^. m n n 1 nmnvmwmvmnm

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Fig. 211. Quinze phonèmes caractérisés graphiquement.

d'inscriptions phonétiques. Le lecteur qui voudrait des explications plus détaillées les trouvera dans le mémoire de Rosapelly.

Nous nous bornons à présenter (fig. 211) un tableau où quinze phonèmes différents se trouvent caractérisés par des courbes. Or, cette représentation des consonnes s'adressant aux yeux, est précisément le but que nous nous proposions en entreprenant ces éludes. Tout porte à croire que si l'utilité de ce moyen pour l'éducation des sourds- muets était reconnue, de nouvelles recherches ne tarderaient pas à combler les lacunes qui restent encore.

Quant aux résultats de ces expériences au point de vue de la linguistique, ils semblent avoir été satisfaisants, car M. L. Havet a trouvé dans ces graphiques la solution de questions intéressantes sur la formation des sons composés.

Mouvements qui se produisent dans la rumination ; expériences de Toussaint.

Au commencement de ce siècle, Bourgelat avait rangé les mouvements de la rumination parmi ceux que nos sens ne sauraient analyser. En effet, la connaissance de ces mouvements divers, de leur enchaînement, de leur rôle pour produire la régestion du bol alimentaire, n'a été acquise que le jour où chacun d'eux inscrivant sa courbe, a permis de comprendre comment s'effectue le mouvement rétrograde du bol alimentaire. Toutefois, le résultat des expériences faites sur ce sujet est venu confirmer une théorie qui avait été établie a priori par un observateur d'une grande sagacité, le professeur Ghauveau.

La méthode graphique qui a présidé aux recherches de Toussaint a permis de déterminer la succession d'une série de mouvements qui se passent en des lieux divers. De même que le passage d'une onde liquide aux divers points de la longueur d'un tube s'inscrit au moyen d'une série d'appareils superposés, de même, dans l'inscription des mouvements de la rumination, chacun des actes associés s'écrit à côté des autres.

Voimmolj vache ou mouton, doit être dans un calme parfait pendant la durée de l'expérience; c'est la condition nécessaire de la rumination. Une série d'explorateurs appliqués en différents lieux vont chercher les mouvements divers dont on veut établir la succession ou le synchronisme, et tous ces mouvements à la fois s'écrivant sur un même papier donnent la figure 212.

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