FORMES PHYSIOLOGIQUES DU POULS
consiste en ceci : que le deuxième rebondissement du pouls semble s'élever plus haut que le premier. C'est là une illusion, et le nom d'anacrote qui a été donné à cette forme du pouls n'a pas lieu d'être conservé.
Dans cette forme que nous avons représentée figure 282, la première pulsation, ou première onde, se produit à l'instant A, la
Fig. "282. Pouls dicrote dans lequel la seconde pulsation n'a pas le temps de se produire avant l'arrivée d'une nouvelle systole du cœur.
deuxième onde à l'instant 2, et c'est par suite de la fréquence trop grande des pulsations du cœur, que la chute qui suivrait l'ondulation 2 n'a pas le temps de se produire, ce qui fait que la première dépression est plus profonde que la seconde.
Quand on suit, jour par jour, les transformations du pouls, on se rend aisément compte de ce qui se produit alors et l'on assiste à l'anticipation graduelle de l'onde A sur l'onde B qu'elle absorbe. Dans le tracé supérieur, figure 282, le phénomène atteint presque sa limite extrême.
La description de ces variétés des tracés du pouls était une préparation nécessaire à l'interprétation des différents types qui s'observent dans les conditions physiologiques.
La forme du pouls varie suivant l'heure du jour, la température extérieure, l'état de repos ou l'exercice musculaire. L'ingestion de boissons chaudes ou alcooliques la modifie également. Enfin l'influence de la respiration modifie le pouls dans sa forme, dans sa fréquence et dans son amplitude.
Ces différents types physiologiques ne s'écartent pas beaucoup de ceux que nous connaissons déjà; on doit admettre qu'il n'existe pas à proprement parler un pouls de la santé et un pouls de la maladie, mais que la variété des formes que l'on observe correspond à une série d'états de la circulation qui peuvent se rencontrer parfois sur l'homme sain.
Variations physiologiques de l'amplitude du pouls.
Toute influence qui augmente le calibre d'une artère augmente aussi l'amplitude des pulsations de ce vaisseau. Si par exemple on applique le sphygmographe alternativement sur l'une et l'autre radiale et si le calibre de ces deux vaisseaux n'est pas le même, l'artère la plus volumineuse donnera le pouls le plus ample. D'autre part, l'instrument étant en place, s'il se produit une augmentation du volume de l'artère, l'amplitude du tracé du pouls s'accroît également. Ces relâchements des artères surviennent parfois spontanément par le seul fait de l'application prolongée du sphygmographe ; d'autres fois, on les obtient par suite d'une élévation de la température, la chaleur ayant pour effet de relâcher les tuniques du vaisseau. Dans les parties enflammées les artères battent avec plus de force, non que le sang y arrive avec plus d'impulsion, comme on le croyait autrefois, mais parce que les tuniques artérielles y sont plus relâchées. Une cause toute mécanique produit, dans tous ces cas, l'augmentation d'énergie des battements. Un vaisseau plus large agit par une surface plus large contre le ressort qui le presse et lui imprime un déplacement plus étendu.
L'amplitude du pouls normal ne pourrait donc être définie, puisqu'elle varie avec le volume de l'artère explorée ; j'ajouterai qu'elle varie également avec le degré de la pression exercée par le ressort de l'instrument. Les médecins se sont beaucoup préoccupés de ces effets d'une pression plus ou moins forte développée par le sphygmographe et ils ont cherché le moyen de la mesurer, croyant ainsi pouvoir estimer celle que le sang présente à l'intérieur du vaisseau. Mais, comme on pouvait s'y attendre, ces tentatives ont échoué en présence des influences nombreuses qui font varier la force du pouls et qui exigent qu'une pression plus ou moins forte soit exercée contre les parois du vaisseau. En général on doit, en appliquant le sphygmographe, chercher par tâtonnement quel est le degré de pression le plus convenable, c'est-à-dire celui qui donne la plus grande amplitude au tracé. Suivant que cette pression sera forte ou faible, on en déduira que, dans le vaisseau, la pression du sang est elle-même plus ou moins élevée; mais, qu'on ne l'oublie pas, le sphygmographe ne fournit