‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et principalement en physiologie et en médecine [electronic resource]Chapitre 259 sur 267 · PHOTOGRAPHIE DES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE DES MOUVEMENTS

nez fort, le front bas et les lèvres saillantes, l'image résultante aura tous ces caractères ; et si un individu s'éloigne en quelque chose du type générique, cette exception n'imprimera à l'effet total qu'une modification légère. Dans cette expérience, il se fait automatiquement, et d'une manière extrêmement rapide, une véritable synthèse dans laquelle chacun des éléments complexes entre exactement pour sa part.

Des courbes statistiques pareillement superposées donneraient instantanément des moyennes qu'il serait fort difficile d'obtenir par de lentes additions. Bien plus, la méthode arithmétique est assurément moins bonne, car une variation exceptionnelle suffit pour altérer la moyenne d'un certain nombre de valeurs qui concordaient parfaitement entre elles. La superposition photographique montrerait les exceptions sous forme de traits qui s'écartaient de la direction générale; elle ferait voir ainsi la parfaite concordance de la plupart des autres éléments dans la courbe résultante.

Enfin, les tracés obtenus au moyen des appareils inscripteurs peuvent avantageusement être comparés entre eux par superposition; ce serait même le vrai moyen d'obtenir ces courbes idéales qu'on a cherché à définir et qui représenteraient les types normaux des tracés du pouls, de la pulsation du cœur, de la respiration, etc.

Applications de la plioto^^rapliie à l'étude des mouvements complexes.

Pendant longtemps la photographie n'a été employée que pour reproduire la forme d'objets immobiles; on posait assez longtemps devant l'objectif et le moindre mouvement suffisait pour altérer l'image, au point de rendre un portrait méconnaissable.

Cependant, malgré son imperfection, la photographie pouvait déjà servir à préciser la nature de quelques mouvements : en 1865 MM. Onimus et A. Martin ont photographié de cette manière le cœur d'animaux vivants*; la figure 1 montre un cœur de tortue dans ses deux positions extrêmes de réplétion et de vacuité, c'est-

1. Onimus, Études critiques sur les mouvéments du cœur. Journ. de l'Anat. e\ (le la Physiol.. 18G5.

à-dire à la fin de ses périodes de systole et de diastole. Un double contour signale les formes du cœur à ces deux instants extrêmes où il existe une immobilité passagère, tandis que, dans les temps intermédiaires, la forme du cœur est trop variable pour donner son image. La figure 2 représente un cœur de lapin avec ses deux formes extrêmes.

L'emploi du coUodion humide, en augmentant la rapidité de la formation des images, ouvrit à la photographie un nouveau champ d'applications. Les physiciens et les astronomes y recoururent pour résoudre certains problèmes pour lesquels l'observation directe était insuffisante. En employant une lumière très intense et en la concentrant dans des images de petites dimensions, on réussit à photographier des corps animés de mouvements rapides, par exemple un diapason vibrant muni d'une petite paillette brilante. Dans ces expériences, la plaque sensible était animée d'un mouvement de translation uniforme et l'image lumineuse oscillait perpendiculairement à la direction de ce mouvements

Tout autre est la méthode imaginée par M. Janssen pour représenter certains phénomènes astronomiques. Il s'agissait de déterminer les positions successives de la planète Yénus à différents instants de son passage au-devant du soleil. M. Janssen, créa pour cet usage son revolver astronomique dans lequel une plaque sensible, de forme circulaire, animée à certains intervalles de temps, d'un déplacement angulaire de quelques degrés recevait, à chaque fois, une image sur un point différent de sa surface. La

Fig. 1. Cœur de tortue photographié dans ses positions extrêmes de systole et de diastole.

Fig. 2. Cœur de lapin photographié dans ses positions extrêmes de systole et de diastole.

1. Voir, pour les applications de la photographie à Tétiifle de certains mouvements, SIein. Dan LUI, t. Leip/.io-. 1S77.

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