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Le fusil pliotographiqiie

(Journ. la Nature.)

d'animaux en mouvement. On voit (iig. 10) une mouette dont on

Fig. 9. Boite porte-plaques. (Journ. la Nature.)

le commerce, me sert à loger vingt-cinq plaques sensibles, à les faire passer dans le fusil et à les en retirer sans qu'elles soient exposées à la lumière (fig. 9).

FUSIL PHOTOGRAPJIIQUE.

peut comparer les douze attitudes successives pendant la durée d'une seconde. L'oiseau exécute le vol ramé; il est vu oblique-

Fig. 10. Épreuve positive d'une plaque du fusil photographique montrant douze images d'une mouette qui vole. Ces douze images ont été photographiées en une seconde. Pour chacune des images le temps de pose a été de 1/720 de seconde.

ment; l'observateur est placé en arrière et un peu en dessous. Dans d'autres expériences, j'ai réussi à photographier la mouette

Avant d'appliquer cet instrument à Tétude du vol, je le soumis à certaines épreuves expérimentales, et les résultats que j'obtins furent satisfaisants.

Je disposai une ilèche noire sur un axe central autour duquel elle tournait en se détachant sur un fond blanc bien éclairé par le soleil. La vitesse de rotation de la tlèche était telle que ses extrémités parcouraient environ 5 mètres par seconde, ce qui représentait six tours. Le tireur, placé à 10 mètres, visa le cenire de la cible sur lequel on n'apercevait rien qu'une légère teinte grise générale, à cause de la vitesse de rotation. La plaque sensible, une fois développée, montra douze images disposées circulairement. Sur chacune d'elles la flèche se voyait, avec son ombre portée, à peu près aussi nettement que si elle eût été immobile.

Une autre fois je photographiai un pendule noir oscillant au-devant d'une règle blanche portant des divisions. Le pendule battait les secondes, et j'obtins, en eflet, douze images représentant les positions successives occupées par le pendule aux différentes phases d'une oscillation complète.

Pour plus de sûreté dans la mesure des durées, j adaptai au fusil un appareil chronographique formé d'une capsule à air qui recevait un choc à chacun des déplacements de la plaque sensible; un tube de caoutchouc reliait cette capsule à un appareil inscripteur qui traçait sur un cylindre tournant, en même temps qu'un chronographe ou qu'un

tandis qu'elle volait en plein travers. Gomme l'oiseau donnait exactement trois coups d'aile par seconde, on trouvait dans les douze figures quatre attitudes successives qui se reproduisaient périodiquement. Les ailes étaient élevées dans une première image, puis elles commençaient à s'abaisser dans l'image suivante; elles étaient au plus bas de leur course dans la troisième, et dans la quatrième elles se relevaient. Une nouvelle série pareille de mouvements revenait ensuite.

En photographiant l'oiseau dans d'autres conditions, par exemple lorsqu'il s'éloigne de l'observateur ou qu'il s'en rapproche (fîg. 12), lorsqu'il est vu d'en bas ou d'en haut, on obtient d'autres renseignements sur le mécanisme du vol ; ainsi, on

diapason d'un nombre de vibrations connu. De cette manière^ la durée de l'impression lumineuse et l'intervalle de temps qui séparait les images les unes des autres, étaient mesurés avec une précision satisfaisante.

En agrandissant ces figures, on obtient des images visibles à distance, mais dont la netteté laisse à désirer, car les clichés négatifs sont toujours légèrement grenus. La reproduction de ces images par l'héliogravure ne donne qu'une silhouette noire (fig. 11).

Fig. 11. Agrandissement d'une image du fusil photographique.

Il ne faudrait pas croire, toutefois, qu'on ne puisse jamais obtenir un certain modelé dans les images. Ce modelé s'obtient quand l'oiseau vivement éclairé passe devant un fond obscur. J'ai placé sous un microscope à faible grossissement des négatifs obtenus avec une mise au point bien exacte : sur ces images, qui représentent l'oiseau vu d'en haut, on peut aisément compter les rémiges et saisir l'imbrication de ces plumes.

Si l'on dispose des photographies d'oiseaux sur un phénakisticope, on reproduit bien l'apparence des mouvements du vol, mais les images correspondant à chaque révolution de l'aile sont encore trop peu nombreuses pour se bien prêter à l'analyse de ses mouvements : il faudra donc en augmenter le nombre. On y peut arriver, par exemple, en doublant la vitesse du mouvement de la plaque et des obturateurs, ce que j'ai pu faire avec ce même fusil, tout en ayant encore assez de lumière pour la production des images en silhouettes : la durée de l'éclairage de la plaque n'était alors que de 1/1440 de seconde; encore l'objectif employé n'était-il pas des plus rapides.

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