‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et principalement en physiologie et en médecine [electronic resource]Chapitre 266 sur 267 · PHOTOGRAPHIE DES TRAJECTOIRES · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE DES TRAJECTOIRES

Analyse des mouvements des ailes des insectes au moyen de la photographie.

J'ai publié en 1869* les résultats d'expériences faites dans le but de déterminer les mouvements des ailes d'un insecte qui vole, avec les changements d'orientation qu'éprouve le plan de ces membranes, sous l'influence de la résistance de l'air. J'appliquais une feuille d'or battu à l'extrémité d'une des ailes de l'insecte et, le tenant captif au bout d'une pince, je le plaçais dans un rayon de soleil au-devant d'un fond noir. La persistance des impressions rétiniennes fait que la trajectoire de l'aile apparaît alors comme une figure, sensiblement fixe, affectant la forme d'un 8 de chiffre. Les branches de cette courbe ont des éclats inégaux, ce qui montre que, dans différents points de son parcours, l'aile est différemment orientée et que, suivant son orientation, elle reflète plus ou moins complètement la lumière du soleil. M. Pettigrew avait signalé cette apparence en 8 de chiffre de la trajectoire de l'aile des insectes, mais il attribuait à cette aile des changements de plan actifs et leur assignait un sens différent de celui que j'ai déterminé.

Cette analyse optique du vol des insectes présente certaines défectuosités : d'abord, elle ne peut s'appliquer qu'à des mouvements exécutés sur place et sans translation de l'insecte, puisque l'image n'est visible que par la répétition d'impressions successives sur la rétine de l'observateur. En outre, elle ne laisse qu'une sensation subjective et très passagère dont on ne peut donner une idée que par des dessins parfois infidèles. La photographie traduit, sous forme d'une image permanente, la trajectoire des mouvements de l'aile d'un insecte à laquelle on a attaché une paillette brillante d'or ou d'argent battu ; et cette trajectoire est obtenue, sinon pendant le vol libre, du moins pendant le vol captif et dans des conditions où la translation de l'animal est assez rapide.

Voici la disposition que j'ai adoptée pour ces expériences. Une caisse de bois carrée, d'un mètre de diamètre sur 0^,25 de profondeur, est doublée intérieurement de velours noir (fig. 28). La paroi antérieure de cette caisse est formée d'un disque plein

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