II. Etude de révolution. — Lien entre les transformations
III. Méthodes de rapprochement des faits. — Spécialistes et généralistes.
Il reste à indiquer dans quel rapport l'histoire sociale est avec l'histoire en général. Mais, comme on pourrait se demander s'il est vraiment utile de connaître les rapports entre l'histoire sociale et les autres branches d'histoire, il est bon de faire voir d'abord l'importance pratique de cette étude.
L'expérience a montré que le seul procédé pratique pour constituer une science est d'étudier séparément les diverses espèces de faits en isolant méthodiquement chaque science spéciale. C'est par ce procédé seulement qu'on parvient à résister à la tendance naturelle qui est de commencer par une vue synthétique de l'univers. La marche spontanée de l'esprit humain serait de chercher d'abord à connaître l'es-
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sence du monde et la cause première des choses : en Grèce comme dans Tïnde la forme primitive do la science a été la métaphysique. On n'est parvenu enfm à se dégager de cette confusion qu'en créant des sciences spéciales uniquement consacrées à constater les phénomènes. Chacune s'est constituée séparément et reste indépendante des sciences voisines : la mécanique, la physique, la chimie, la biologie ont des territoires communs, mais chacune se suffit à ellemême.
Il est légitime de se demander si l'on ne peut pas opérer de même avec les sciences des phénomènes humains. Ne peut-on pas isoler l'histoire sociale des autres histoires? Pour résoudre la question, il faut examiner dans quelle condition se trouvent les phénomènes humains qui sont les objets de l'histoire, afin de décider si l'on peut assimiler à une science indépendante la connaissance d'une seule espèce de faits, et par conséquent chacune des branches d'histoire. S'il en est autrement, on verra quel compte on doit tenir.de ce caractère spécial de la connaissance historique.
L'étude des phénomènes humains se fait par deux opérations, toutes deux nécessaires : 1° l'étude des faits simultanés, aboutissant au tableau descriptif de la société à un moment donné, ce que le vocabulaire
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de certains sociologues appelle une étude statique ; ^° l'étude des faits successifs, aboutissant à la description de révolution dans la suite des temps, ce que les mêmes sociologues appellent étude dynamique K
T. — L'étude statique consiste à décrire les phénomènes humains dans un état donné. Pour les examiner on est conduit à analyser l'ensemble des manifestations de l'activité humaine et l'ensemble des conditions matérielles de la vip humaine, à les grouper en un nombre assez grand de catégories et à étudier séparément chaque catégorie. Ainsi se fait le tableau d'une langue, d'un art, d'une reHgion, d'un régime de vie, d'un système de droit ou d'institutions, d'un gouvernement. — De même pour les conditions matérielles on peut abstraire et étudier à part l'état démographique, le système de routes, les cultures, etc. Mais tous ces tableaux sont abstraits ; ils décrivent une espèce d'activité humaine (ou une espèce de conditions), avec la précision nécessaire pour la connaissance scientifique, mais en l'isolant des autres espèces. Or dans la réalité les espèces différentes d'activité ne sont pas isolées, car elles sont les actes différents d'un même individu ou d'un même groupe
(1) Ces termes sont employés dune façon méthodique par l'école américaine de Patten.
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d'individus. La façon de se conduire ou de penser en religion n'est pas indépendante de la façon de penser en science ; les habitudes politiques ne sont pas indépendantes des habitudes économiques et réciproquement. Sans doute, en toute espèce de réahté, les faits provenant d'un même ensemble réel concret sont liés entre eux ; cela est très apparent déjà en physiologie. Mais le lien est bien plus étroit en matière d'actes humains. Car plus l'activité est complexe, plus la dépendance est grande entre les différentes formes d'activité d'un même être.
Ce hen entre les diverses sortes d'activités d'une même société, et par suite entre les diverses branches d'études humaines, les anciens ne l'ont pas formulé nettement, parce que la science humaine était ou trop peu avancée analytiquement ou trop métaphysique. On a commencé à l'entrevoir au xviii^ siècle, quand l'histoire a commencé à se constituer. Voltaire n'en parle pas, parce que son esprit très clair et très prudent l'a retenu dans les constatations analytiques. Montesquieu en a eu une idée, mais encore confuse et restreinte à l'espèce de faits qui l'intéressaient directement, les lois. Il a cherché le lien entre la législation et l'ensemble de la vie sociale; peut-être parce qu'il ne distinguait pas bien clairement les lois au sens humain (législation et droit) des lois au sens scientifique,
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les « rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses », comme il les appelle lui-même.
L'idée de ce lien nécessaire a été formulée en Allemagne, sous une forme philosophique semi-mystique par Herder; elle a pris une forme précise chez ses disciples, les créateurs de « l'école historique », Eichhorn, Savigny, Niehuhr, qui ont étudié surtout le lien entre le droit et les autres activités. Ainsi s'est formée la notion du Zusammenhang ^ compHquée encore d'une conception confuse semi-mystique, le Yolksgeist (l'esprit du peuple) , par lequel on expliquait la solidarité entre les diverses activités d'un même peuple.
Au xix^ siècle l'idée de la solidarité entre les phénomènes humains s'est peu à peu éclaircie, lentement, parce que la métaphysique de Hegel a longtemps empêché d'en préciser le mécanisme, en expliquant lasolidarité par une formule mystique, r/<^/e'e réalisée dans l'histoire. Cette partie de la logique et de la méthodologie de l'histoire a été imparfaitement^ débrouillée, le mécanisme de la solidarité entre les phénomènes est encore mal connu.
11 semble qu'on peut distinguer deux processus.
1° Il existe une sohdarité entre les habitudes d'un même individu. Un homme n'est pas un mécanisme
1) On peut s'en assurer en lisant dans Bernheim, Lehrbuch der histo rischen Méthode le paragraphe 4 du chapitre v.
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à compartiDients séparés, dans chacun desquels se ferait une espèce de travail spécial indépendant des autres : une pensée philosophique ou scientifique, un«3 croyance rehgieuse, une conception morale, une façon de s'habiller, de se loger, d'arranger son temps, de se distraire, de gouverner ou d'obéir. Au contraire, tout homme est un ensemble continu oi^i toutes les activités partent d'un même centre cérébral ; c'est le même homme qui fait sa science, son art, sa croyance, ses actes privés, politiques et économiques. Ce centre commun dirige à la fois les deux espèces d'opérations qui constituent la conduite d'un homme et par conséquent l'ensemble de sa vie en société; ses représentations (conceptions et motifs), qu'on appelle intelligence^ — ses impulsions, c'est-à-dire ses actes extérieurs, qu'on appelle activité.
Les représentations d'un homme ne se divisent pas en pensées entièrement indépendantes les unes des autres ; elles forment un ensemble qui peut être plein de contradictions logiques, mais oiila plupart des conceptions pratiquement importantes sont liées psychologiquement entre elles. Il n'y a pas de terrains intellectuels délimités, consacrés chacun à une espèce unique d'activité ; toute pensée peut avoir des applications sur plusieurs sortes de terrain. Et ce n'est pas même toujours une conception morale générale ; une
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pensée spéciale peut aussi agir sur toute espèce d'acte. C'est par suite d'une interprétation spéciale d'un texte que le quaker ne porte pas de boutons, que le juif ne mange pas .de porc, que l'architecte chrétien prend pour plan de son édifice une croix. De même une idée scientifique sur l'action physiologique du thé, du tabac, de l'alcool, a mené à transformer le régime anglais des douanes et le régime des contributions françaises. Les exemples particuhers seraient innombrables de cette action imprévue d'une conception particulière sur des branches toutes différentes de la vie humaine.
A plus forte raison le système d'impulsions intérieures qui fait agir un homme, — ce que nous appelons faute de savoir préciser le caractère ou le tempérament^ — n'est pas une série d'impulsions spéciales se rapportant chacune à une espèce d'actes déterminés. Il n'y a pas des impulsions scientifiques, des impulsions religieuses, des impulsions économiques, des impulsions politiques. Là l'unité est trop évidente, chaque homme apporte son tempérament unique dans les manifestations multiples de son activité. Le classement des actes par catégories est tout abstrait; ce n'est qu'un procédé de recherches, il ne répond à aucune réahté intérieure dans l'individu. On ne peut donc parler d'activité artistique, rehgieuse,
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économique, politique qu'en se restreignant à considérer les conséquences des actes, en négligeant le point de départ, la production de l'acte. Dans la réalité il n'existe que des centres d'activité d'ensemble. Le tempérament naturel donne à toutes les manifestations d'un même homme un même caractère. Cette solidarité est très mal étudiée encore, on ne l'aperçoit nettement que dans les cas extrêmes, en comparant un barbare à un civilisé. Mais il y a certainement un lien étroit entre les actes d'un même homme ou d'un même groupe d'hommes, un lien si étroit qu'on est enclin à l'attribuer à une cause spéciale, « l'esprit » ou « le génie » de l'homme ou de « la race » ; façon confuse, semi-mystique, anti-scientifique, de désigner ce caractère d'ensemble. Du moins est-il évident qu'on ne pourrait espérer arriver à comprendre les faits humains si l'on négligeait un élément aussi important.
Outre le tempérament naturel, les hommes ont des formes d'activité acquises, soit par l'éducation, soit par l'imitation. Il est plus facile de préciser ces formes que de démêler les activités spontanées, parce qu'on peut les voir acquérir; on peut, dans quelques cas au moins, apercevoir des hommes qui reçoivent une •éducation ou qui commencent une imitation. Evidemrnent ces activités acquises ont une action sur
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l'ensemble de l'individu. Peut-être les habitudes acquises d'actes très spéciaux, tels que l'écriture ou le vêtement, agissent-elles faiblement. Mais Faction est forte quand ce sont les habitudes d'actes très généraux, tels que commander sans résistance, obéir sans examiner, opérer par violence ou par ruse. Les habitudes, agissant sur des domaines très différents d'activité, rehgieux, économique, pohtique, établissent un hen solide entre les habitudes ecclésiastiques, politiques, économiques d'une même société. On en trouvera un exemple frappant dans le système d'éducation des jésuites, qui, en créant chez les élèves certaines habitudes rehgieuses, les prédispose à certaines préférences politiques.
2°L'autre processus est la solidarité entre les actions collectives d'un même groupe. Sans doute les groupes humains ne sont pas pareils à des espèces animales^; ils réunissent des hommes qui ne sont soHdaires entre eux que par une partie de leur vie. Il serait donc antiscientifique d'admettre a prionune solidarité complète entre les hommes d'un même peuple. Mais un peuple n'est pourtant pas un groupement d'hommes réunis uniquement par un système d'institutions d'une seule espèce. Il n'existe pas autant de groupes sociaux qu'il y a de branches d'activité humaine ; il n'existe
(1) Voir plus haut p. 219.
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pas un groupe ecclésiastique, un groupe d'industrie, un groupe de commerce, un groupe de politique. Au contraire, un groupe étant d'ordinaire formé de gens qui vivent sur un territoire commun où leurs contacts sont fréquents, il y a pour chaque groupe beaucoup de systèmes communs d'activité.
Entre ces systèmes d'actions collectives on doit présumer une solidarité. Elle est encore plus difficile à préciser que la solidarité du caractère individuel. C'est là une des questions les plus controversées de la sociologie; on essaie même de la résoudre par des hypothèses métaphysiques (( le génie du peuple », ou « l'àme sociale ». Dans ce complexe de faits collectifs, nous n'arrivons même pas à distinguer nettement les conceptions des impulsions. Y a-t-il, même dans l'organisation des actes collectifs — , tels que division du travail, commerce, gouvernement — , autre chose que des conceptions transmises par l'éducation ou l'imitation? Y a-t-il une part d'impulsion naturelle, de tempérament, une disposition collective ou du moins commune auxdescendants d'un même peuple, à adopter plutôt une certaine forme d'arrangement sociar?par exemple une hiérarchie sans contrôle comme dans le régime de l'Eglise catholique, ou un système de délégation comme dans les régimes représentatifs, ou des liens personnels comme dans le régime féodal, ou des règles abstraites comme dans les
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sociétés démocratiques? Eatout cas iln'est guère possible de distinguer ici le tempérament des habitudes.
On n'arrive donc qu'à une notion très confuse de (( quelque chose » de collectif qui pousserait la masse d'un peuple à adopter une forme d'arrangement collectif ; ce ce quelque chose» étant ou des conceptions, ou un tempérament, ou des habitudes. Mais de quelle sorte sontces conceptions ou ces habitudes? Sont-elles dans les individus? Ou dans lepeuple?Onacrurépondre par la formuledela(( conscience collective». La question est encore trop peu étudiéepar uneméthodeanalytique ; on n'a pas encore recherché avec une précision suffisante les actions réciproques des divers mécanismes collectifs pour avoir le droit de formuler une expHcation d'ensemble. Mais il est évident que ces actions réciproques sont importantes; les divers mécanismes ecclésiastique, politique, économique, sont liés si étroitement qu'on ne peut étudier l'un sans connaître l'autre, au moins en gros.
Puisquel'organisationéconomiqueestliée aux autres espècesde faits historiques, qu'elleenesttantôtlacause, tantôtl'efîetjilestévidentqu'onnepeutisolerlaconnaissance de l'histoire économique de l'étude des autres histoires. Pour des nécessités pratiques on peut commencer par Tisoler provisoirement, on peut d'abord analyser les faits économiques pour les déterminer en détail avec
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précision. Mais il faut ensuite les rapprocher desaulres faits pourcomprendre leur place dans l'ensemble social. Ainsi il n'est pas possible dese borner aune étude purement analytique des phénomènes sociaux. Pour opérer correctement il faut tenir compteetdela solidaritéentre les conceptions ou les actes d'espèces diverses et de la solidarité entreles différents mécanismes collectifs. Il faut d'abord analyser les phénomènes pour les constater, mais il faut embrasser l'ensemble pour les comprendre.
II. — L'étude dynamique consiste à déterminer l'évolution de chaque espèce de phénomènes, puis l'évolution de chaque société dans son ensemble, enfin l'évolution générale de l'humanité. Elle commence par constater la série des transformations de chaque activité, pour voir si elles vont dans le même sens. S'il y a évolution*, elle examine de quelle nature est l'évolution, avec quelle rapidité elle se produit, suivant quelle marche. Mais pour comprendre vraiment l'évolution, il faut arriver jusqu'à en atteindre les causes; ce qui est tout à fait impossible tant qu'on s'enferme dans les branches spéciales d'histoires, tant qu'on s'en tient à l'histoire de l'évolution de la langue, du costume, de la religion, du commerce. Car il faut chercher les causes là oii elles peuvent se trou-
(1) Voir plus haut p. 141 l'explication de cette notion.
'2ù6 LA mi-:t[iode HiSToniout: et l'histoire soqale
ver; et rien n'autorise à présumer qu'elles soient précisément dans l'activité spéciale dont on a tracé l'évolution, que la langue ait changé pour des raisons linguistiques, le commerce pour des raisons commerciales. Au contraire la solidarité des activités différentes est si étroite que tout changement d'habitudes important dans un ordre d'activité amène forcément des changements dans les autres ordres. Le changement de religion ou d'organisation politique réagit nécessairement sur les habitudes économiques.
Cette solidarité entre les changements s'explique de la ' même façon quelasohdaritéentrelesphénomènesd'une même société aune époque donnée. Quand unhomme ou un groupe changent d'habitudes dans une branche d'activité, l'ensemble deleurs conceptions et deleur conduiteestmodifié;etilpeutrêtreaupoint de produire un changementconsidérable dans une autre branche d'activité. Une cause plus forte encore d'évolution c'est le changement de mécanisme collectif; le passage d'un régimepolitique àun autrepar exempleretentitsur tousles actes de la vie. Taine a même essayé d'expliquer toute l'évolution delaUttérature anglaise parles changements dans l'organisation politique de l'Angleterre.
Quant à l'étude de l'évolution de l'ensemble d'une société, elle est par elle-même une étude d'ensemble. Il est impossible d'étudier l'évolution d'une société
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autrement qu'en embrassant les différentes espèces d'activité, par conséquent en rapprochant les différentes branches d'histoire spéciale. C'est le seul moyen de voir quelles habitudes caractéristiques et quels mécanismes généraux ont prédominé aux différents moments de l'évolution de cette société.
L'histoire des phénomènes démographiques et économiques ne peut donc être isolée des autres branches de l'histoire. Pour comprendre le caractère de ces faits et leur place dans la réalité, il faut les rapprocher des autres phénomènes humains.
m. — Ce rapprochement peut se faire par deux procédés.
1° Le spécialiste en histoire sociale peut étudier, dans les travaux des autres historiens, les phénomènes principaux des autres branches. Cela n'est possible pratiquement que s'il peut se restreindre aux branches d'histoire les plus instructives pour lui, il lui faut donc un guide dans le choix de ces études. C'est la pratique de l'histoire générale qui seule peut le guider, en lui montrant quelles espèces de faits agissent le plus certainement sur les faits économiques ou démographiques, — et par conséquent quelles sont les branches d'histoire les plus utiles pour lui.
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2° Les spécialistes se borneront à constater les faits chacun dans son domaine. Après quoi d'autres travailleurs combineront les constatations isolées pour en former un ensemble, ils feront le métier d'ajusteurs. Ces travailleurs devront se rendre compte de la valeur des résultats exprimés dans les formules des spécialistes, afin de pouvoir en faire la critique; il leur faudra donc une connaissance précise des procédés de travail des spécialistes de chaque branche. Il leur faudra de plus une idée claire et juste des rapports entre les différentes espèces de faits pour les ajuster ensemble, sans fausser leur importance relative et sans introduire des conjectures subjectives sur les relations de causalité entre les faits. Ils auront besoin d'une méthode rigoureuse qui sache se borner d'abord à juxtaposer les résultats et qui attende d'avoir comparé plusieurs évolutions bien connues avant de conclure sur les causes et les effets des changements.
Spécialistes et « généralistes » peuvent ainsi collaborer à ce travail nécessaire d'oii sortira la philosophie de l'histoire sociale au. sens scientifique.