s. Marc, m
de Moïse, ce que Dieu lui dit dans « le Buisson » : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'fsaac et le Dieu de Jacob? il n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. »
Les commentateurs se sont toujours demandé comment l'argument conclut, car en disant : « Je suis le Dieu d'Abraham », lahvé voulait seulement dire au sens obvie qu'il était le Dieu qu'Abraham avait adoré sur la terre, sans affirmer du tout qu'Abraham fût ressuscité, d'autant qu'aucun théologien n'admettrait cette résurrection dans le passé. Et pourtant l'argument concluait très bien ; c'est un exemple d'exégèse midrachique. J.-C. a introduit une idée à laquelle personne n'avait songé, que le Dieu vivant ne peut se dénommer d'après les morts, s'il ne se réserve de les rappeler à la vie.
Cela était décisif pour les Juifs, non en rigueur textuelle. Aussi Calmet, toujours sincère, a-t-il raison de dire, après trois réponses : « 4** Enfin on peut répondre avec Maldonat, que quand le raisonnement de Jésus-Christ ne serait pas sans réplique en lui-même, et dans toute la rigueur : il suffit qu'il ait été capable de réduire les Saducéens au silence. Le Fils de Dieu savait à qui il avait à faire. Il est plus grand en les confondant par une raison facile, qu'en les accablant par un raisonnement sans réplique. »
Et ce n'est qu'un exemple. Ces faits sont fami-
liers à tous ceux qui connaissent rÉcriture... en la pratiquant. M. Bacuez dit tout uniment de renseignement de Jésus-Christ en général : « Une telle méthode peut paraître imparfaite à des hommes d'étude, qui n'aspirent qu'à satisfaire leur esprit et à s'avancer dans la science. » Et avant : « Il exige qu'on se soumette à sa parole, et sa véracité est la dernière raison des croyances qu'il impose et des lois qu'il prescrit ^ »
Mais s'il en est ainsi, si S. Paul, si notre adoré Sauveur, ont argumenté de l'Écriture sainte selon les habitudes d'esprit des Juifs, sans rétablir le vrai texte, sans s'en tenir au sens précis, si les Apôtres ont donné comme la réalisation d'une prophétie une simple application fondée sur la ressemblance des événements, combien plus ont-ils pu se servir des idées des Juifs sur les sciences et sur l'histoire sans les rectifier? Et si cette manière n'est pas indigne de l'Auteur de notre foi, pourquoi ne pas supposer le même procédé lorsque l'enseignement divin est donné par un écrivain sacré quelconque? Depuis longtemps d'ailleurs la théologie a trouvé sa formule. Comme il arrive si souvent, S. Augustin a fourni l'idée, S. Thomas lui a donné son expression lapidaire, et, pour que rien ne manque à son autorité, elle a été consacrée par le Souverain Pon-