‹ La méthode historiqueChapitre 30 sur 45 · Préface sur l'Exode · texte numérisé non relu

Préface sur l'Exode

Messieurs, ceux qui ont lu la Bible savent qu'elle ne fait aucune difficulté d'appeler les choses par leur nom. Vous le voyez, nous avons fait peu de progrès depuis Origène. Dans cette période que j'ai nommée créatrice, le génie des Pères nous inondait de sens spirituels parfois fort beaux ; avec Calmet, c'est moins divin et ce n'est pas plus critique ; on se contente de banalités sur la perfection de la loi de Moïse pour conclure à des rébus. Pourquoi? parce qu'on suppose toujours que c'est Dieu en personne qui a créé ces Règlements et ces Ordonnances, et qu'on ne veut rien lui attribuer d'imparfait, comme c'est justice.

C'est ici qu'il nous faut recourir à ce qu'on nomme très improprement le naturalisme et qui n'est qu'une intelligence plus approfondie de l'action de Dieu. Considérer un peuple comme une table rase, ne tenir compte ni de ses traditions, ni de ses coutumes, ni de sa formation intellectuelle et morale, ni de ses groupements sociaux, mais légiférer pour l'homme en soi, dans l'ordre de la raison pure et en traitant cet être de chair et d'os comme un être de raison, c'est la conception jacobine telle que la Révolution l'a mise en œuvre. L'homme de génie qui â assis les bases de notre casernement actuel a senti la nécessité de revenir en arrière, et le droit romain, surtout nos anciennes coutumes, commentées par Pothier,

rlrmni^nt une jxtxft piace dans le Caé^ ^^apoléon. .Sans i'.Gte ti^os les aatexirs diraient bien haut que fr^n n % donné à 3*:rL pecrple qa*» les lois qui loi <îonveaaif»nt : maïs ils omettaient d'ajoater qoe ces lois étaient donc déjà les siennes^ car il n'est jamais opportaa pour nne nation de se jeter brosqaemf^nt hors de ses Toies tradirionnelies et Dieu n'a2il point avec cet emportement.

Déjà qnelqnes Pères FaTaient remarqué et la tradition s'en était consenrée josqa'à Calmet laimème. Leur point de voe était cependant erroné en ceci qo'ils attrîbaaient une influence trop grande aux Égyptiens*. Un peuple doux et presque mou comme celui-là ne pouvait avoir la prétention de plier à ses mœurs les durs Sémites, si réfractaires aux influences du milieu. C'est chez les Sémites eux-mêmes qu'il fallait chercher ces coutumes; mais où les trouver?

\jt II. P. de Hummelauer S. J. eut, ici encore, le mérite de lutter contre Tidée d'une loi venue du eiel comme ces rouleaux qui sortent de la bouche des saints du moyen âge. S'imagine-t-on, s'écriait-il, le Dieu très bon et très grand descend/int du haut du ciel pour apprendre à Moïse (ju'il fallait percer Toreille de l'esclave qui refuse Ha liherté après six ans? Même parmi les rites reli-

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