‹ La Méthode Périnéo-Coccygienne avec conservation du Sphincter dans le traitement du Cancer Ampullaire du RectumChapitre 1 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le traitement chirurgical du cancer, en évolution constante, étend de plus en plus son domaine parallèlement au perfectionnement. de la technique opératoire et au développement de lPétude des tumeurs malignes. Les opérations parcimonieuses et timides qu’on pratiquait naguère n'avaient des chances de réussir que sur des tumeurs jeunes el facilement accessibles. De fréquents échecs ont appris à faire la part du cancer. Aujourd' hui les interventions larges et hardies qui s’attaquent même à des tumeurs déjà envabissantes, qui enlèvent en bloc le. néoplasme et le territoire lymphatique dont il est tributaire, qui taillent en tissus sains, bien au-delà des limites anatomiques du cancer, s’efforcent, souvent avec succès, d'obtenir une éradication complète et définitive du mal.

‘La chirurgie du cancer du rectum a suivi cette évolution générale. Les opérations par voie basse qui résumaient jusqu'il y a une vingtaine d'années le traitement connu et appliqué, sont peu à peu délaissées: la méthode sacrée semble, au moins en France, condamnée sans appel; on restreint les indications de l'amputation périnéale en dépit des perfectionnements dont elle a bénéficié au cours d’une expérience séculaire; la faveur des chirurgiens se tourne vers l'opération « plus anatomique et plus ralionnelle » par voie combinée qui devient le procédé de choix.

Faut-il donc rayer de la technique chirurgicale les opérations par voie basse? Certainement non. Au cours de la récente discussion sur le traitement du cancer rectal, à la Société de Chirurgie de Paris (1920), l'accord a été unanime pour garder à lamputalidn périnéale, des indications formelles quoique restreintes, tirées surtout de l’état général du malade, peut-être même du siège de la tumeur.

: tion, noter parfois l'apparition de récidives et constater des gué-

. ; Fe A Ge de Il n’est donc pas trop tard pour aborder l'étude d’une méthode + d’amputation d'apparition relativement récente, qui semble avoir été peu utilisée jusqu'à ce jour. Le procédé d'ablation des

. tumeurs rectales par voie périnéo-coccygienne avec conservation

du sphincter qui fait l’objet de ce travail fut décrit pour la première fois en 1908 par M. le Professeur CUNÉO (1). Quoique la ‘technique ait été reproduite depuis par plusieurs auteurs, no- = tamment dans le Traité classique de M. le Professeur MARION, il na été publié à notre connaissance que de rares observations isolées de malades sur lesquels cette méthode fut employée. Le premier travail d'ensemble qui est celui de M. le Professeur w agrégé DESMAREST en 1918, apportait les résultats de 21 obser- = valions; mais les opérations étaient pour la plupart trop récentes pour permettre d'apprécier la valeur absolue du procédé. Depuis lors, les malades guéris opératoirement ont été revus à des intervalles réguliers, on a pu chez eux estimer l’état de là fonc-

risons durables, datant d’au moins-3 ans à l’heure actuelle. |

Grâce à l’obligeance de notre cher maître, M. DESMAREST, : nous pouvons apporter aujourd’hui les résultats à distance d’ob- … servalions assez nombreuses pour permettre d'établir jusqu’à un certain point la place qu'il faut réserver à côté des autres méthodes. à la voie périnéo-coccygienne dans le traitement du cancer du rectum. ‘1

Après un rapide historique où nous nous sommes efforcé de dégager les diverses tendances qui ont dirigé l’évolution de la . chirurgie du cancer reclal, nous étudions l’opération elle-même … avec les soins qui la préparent et la complètent. RSR VE ER

Nous nous sommes assez longuement étendus sur la préparation du malade à l’acte chirurgical; l’importance de la période pré-opératoire est telle qu’elle justifie à nos yeux lextension donnée à ce chapitre.

La technique opératoire que nous décrivons est celle qui à été suivie par notre maître le Professeur DEsmaresr. Elle s’écarte en certains points de celle exposée primitivement par M. le Professeur Cunéo. Nous y avons ajouté les conclusions de quelques dissections que nous avons pratiquées dans le laboratoire d’anatomie médico-chirurgicale sous Ia direction de M. Cunéo; qu'il nous soit permis de lui en témoigner encore une fois ici notre profonde reconnaissance.

La période post-opératoire a été étudiée au double point de vue des soins qui lui appartiennent et des complications qui peu

Wii

(1) B. Cunéo. Ablation du cancer du rectum, Journal de Chirurgie, Tome É n° 5, août 1908, pp. 433-442.

vent y apparaître. Parmi ces dernières, nous avons surtout

insisté sur celles qu on observe le plus souvent à la suite des

opérations par voie basse, c’est- à- -dire la gangrène et l'infection :

des plaies.

Nous rapportons ensuite succinctement les observations qui. servent de base à (ce travail. Pour en rendre la lecture plus aisée,

nous avons groupé sous forme de tableau les observations. des n malades guéris opératoirement, ce qui permet d’embrasser d’un,

coup d'œil et de comparer entre eux les résultats obtenus.

Dans le chapitre suivant, nous analysons ces résultats au point de vue de la mortalité opératoire de la conservation de la fonction sphinctérienne, de la fréquence des récidives, et enfin du taux des guérisons durables.

Cette analyse nous amène à préciser les indications de la méthode, d’après les différents facteurs d'âge, de sexe, d'état général des malades d’une part, de siège et d’étendue de la tumeur rectale d'autre part. Nous étudions dans ce même chapitre les moyens habituels d'exploration clinique et leur valeur au point de vue du diagnostic opératoire. En terminant, nous formulons les conclusions qui, à l'heure actuelle, nous sembtent

être justifiées par les résultats de l'application de la méthode d'amputation périnéo-coccygienne au traitement des cancers du

rectum.

Page 1