‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 18 sur 135 · DKTERMINATION DES LIMITES D'UNE PERIODE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

DKTERMINATION DES LIMITES D'UNE PERIODE LITTÉRAIRE

blabic qu*au moyen âge les opinions et les mœurs se modiOaieni plus lentement qu'aujourd'hui. L'imprimerie, la vapeur, Télectricité, la diffusion des lumières et la pénétration mutuelle des races, qui sont la conséquence de ces découvertes, accélèrent, h n'en pas douter, la transformation des modes et des habitudes. De plus, une société, après de longues et terribles secousses, arrive parfois à un état d'équilibre qui donne aux contemporains l'illusion d'un repos indéfini ; c'est ainsi que, dans la première partie du règne personnel de Louis XIV, la plupart des Français crurent la langue, les règles de la poésie et du bon goût, le régime politique et religieux aussi bien que le régime littéraire fixés en France pour l'éternité. Pour toutes ces raisons, il serait chimérique de chercher dans les divisions de l'histoire une symétrie parfaite qui risquerait de produire la même impression que de fausses fenêtres sur la façade d'une maison.

Il ne faut pas non plus (c'est une question de mesure) multiplier à l'infini ces espèces de compartiments qui sont destinés à mettre de la clarté dans la longue série des faits, mais qui peuvent, s'ils sont trop nombreux, aboutir au résultat contraire. Qu'on se rappelle l'aventure de Jean Petit, le théologien, qui se chargea, au xv" siècle, de défendre le meurtre du duc d'Orléans par Jean sans Peur. Il partagea son discours, suivant l'usage du temps, en tranches innombrables. Il le divisa d'abord en deux parties : la première fut redivisée en quatre points; puis, chacun de ces quatre points fut de nouveau subdivisé; le quatrième seul contient huit vérités, et une seule de ces huit vérités est établie par douze arguments en l'honneur des douze apôtres. Avant d'arriver au milieu de la harangue, on a déjà rencontré tant de points de repère que l'on est tout à fait dérouté. C'est ce qui s'appelle ob^cuccirci force d'éclaircir. En cela, comme en beaucoup d'autres choses, la sobriété est de rigueur.

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