POURQUOI IL FAUT PRÉFÉRER LA MÉTHODE INDUCTIVE
aujourd'hui elle n'est pas, non plus que les autres branches des sciences sociales, assez avancée pour se prêtera de rigoureuses déductions.
Nous savons, par exemple, que toutes les influences déterminant l'activité humaine viennent nécessairement ou de l'homme même ou de ce qui l'entoure. Nous savons, par conséquent, que toutes les causes des phénomènes littéraires se rangent en trois grandes catégories, sans plus : milieu j^sycho-physiologique (hérédité, race, tempérament, etc.) ; milieu terrestre et cosmique (climat, aspect du sol, nature ambiante, etc.) ; milieu social (conditions économiques, politiques, religieuses, etc.). Mais nous ne savons pas et nous ne saurons pas de longtemps les effets précis qui résultent de chacun de ces trois milieux : nous sommes réduits dans une multitude de cas à des hypothèses non vérifiées, parfois même non vérifîables, parce que les documents nous manquent ou que les sciences auxiliaires de l'histoire fournissent des données incertaines. Il en est ainsi pour la part d'influence qu'il convient d'attribuer à l'hérédité où à cet ensemble fort complexe qu'on désigne sous le nom de climat. Il s'ensuit que la méthode d^ductive, employée prématurément, conduit à des affirmations hasardées et je n'en veux d'autre preuve que les assertions aventureuses trop faciles à relever dans les brillantes généralisations de Taine.
Il me semble plus modeste et plus sage de nous en tenir à la méthode inductive, de partir pour le moment de faits bien et dûment constatés, en nous élevant petit à petit à ces faits gênératîsés que l'on appeHfcTês Tois.' Xes lois sont beaucoup plus faciles à constater que les causes. Qu'est-ce, en effet, qu'une loi? La simple induction, tirée d'un grand nombre de faits particuliers, qu'en telles circonstances données les choses se passent de telle ou telle façon. Elles fournissent, en attendant mieux, le moyen d'ordonner les phénomènes. Elles me paraissent devoir, jusqu'à nouvel ordre, fixer les cadres d'un ouvrage historique qui veut avoir la marche sûre et prudente de la science. Elles n'empêchent point, d'ailleurs, de rechercher, chemin faisant, les causes et les effets dès maintenant accessibles ; elles relèguent seulement cette recherche au second plan. Elles se prélent à deux nécessités également impérieuses pour l'historien :
Il PI.AX CÉNKHAI, UE LUISTUIHE UUNE I.ITTftltATL'IlE
elles lui perDaelteoL de construire l'histoire en consLiluanl dos groupes naturels parmi ie monceau des fails; elles lui permettent aussi de faire une place au mystère, à l'inexpliqué, de laisser dans sa construction des lacunes que pourra combler l'avenir, sans qu'il ait à détruire des explications problématiques ou erronées.