POURQUOI IL FAUT PRÉFÉRER LA MÉTHODE INDUCTIVE
Nous voici donc ramenés au plan de cette histoire qui doit embrasser révolution d'une littérature entière.
De quelle façon grouper et enchaîner les faits? Faut-il employer la méthode déductive, celle qui va du général au particulier et qui est usitée surtout dans les sciences mathématiques? Faut-il préférer la méthode induclive, celle qui va du particulier au général et qui trouve son emploi ordinaire dans les sciences physiques et naturelles? C'est ce qu'il faut se demander tout d'abord.
Si nous connaissions tous les facteurs dont une œuvre littéraire est le produit et toutes les conséquences qu'elle produit à son tour, nous pourrions, pour dérouler la série des phénomènes qui nous occupent, recourir à la ijîêthode déductive. Nous pourrions, posant au début deux ou trois" Causes essentielles, former ensuite un tissu serré de causes et d'effets qui ne laisserait rien en dehors de ses mailles. C'est, au fond, ce que Taine a voulu faire dans ses remarquables et téméraires essais de critique historique. C'est même, si l'on veut, l'idéal pour une science de pouvoir se tirer tout entière de deux ou trois principes féconds, comme le sont les axiomes qui servent de base à la géométrie. On peut dire que toutes les sciences tendent et s'acheminent vers cet état de perfection. Mais il faut se garder de confondre le point d'arrivée avec le point de départ ; on a droit d'espérer qu'un jour, dans quelques siècles peut-être, on pourra comprendre ainsi l'histoire des littératures ; mais