‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 100 sur 127 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

FRANCALEU, DAMIS, LISETTE.

Fran'caleu.

Que viens-tu m'anoncer?

Lisette.

Que je me dés-habille.

Francaleu.

Quoi ! la pièce...

Lisette.

Est au croc une seconde fois.

Faute d'acteurs?

Tantôt, il n'en manquoit que trois; Mais, ma foi, maintenant c'est bien une autre histoire.

Francaleu.

Quoi donc?

Lisette.

Vous n'avez plus d'acteurs ni d'auditoire. Francaleu.

Que dis-tu ?

Lisette.

Tout défile et vole vers Paris.

Francaleu.

Désertion totale !

Lisette.

Oui , pour avoir apris Que ce soir on y joue une pièce nouvelle Dont le titre les pique et les met en cervelle.

Francaleu.

Ah! j'en suis !

Lisette.

L'heure presse; et tous ont décampé, Comptant se retrouver ici pour le soupe.

Damis.

Quelle rage! A quoi bon cette brusque sortie? Comme s'ils n'eussent pu remetre la partie.

Francaleu.

Non. Le sort d'une pièce est-il en notre main ? Nous en voyons mourir du soir au lendemain. Celle-ci peut n'avoir qu'une heure ou deux à vivre. Si nous la voulons voir, songeons donc à les suivre. Venez.

J'augure mieux de la pièce que vous.

D'ailleurs, ce qui se vient de conclure entre nous De soins très-sérieux remplira ma soirée.

Francaleu.

Adieu donc. Demeurez, Monsieur de l'Empirée. Votre refus fait place à Monsieur Baliveau, Qui, dans l'art du théâtre étant encor nouveau , Ne sera pas fâché qu'on le mène à l'école. Qui plus est, son neveu l'occupe et le désole; Et la pièce nouvelle est un amusement Qui poura le lui faire oublier un moment.

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