ACTE IV, SCENE IV
Francaleu, voulant rentrer.
Non, non., laissez! Parbleu, j'admire ma sotise !
Damis, l'arrêtant.
Quoi donc?
Francaleu.
J'en vais charger quelqu'un dont je m'avise. Damis.
Ah! gardez-vous-en bien, s'il vous plaît! Francaleu.
Et pourquoi?
Damis.
Quand je vous dis qu'on peut s'en reposer sur moi!
Francaleu.
C'est qu'avec celui-ci l'afaire ira plus vite.
Damis.
Je serois très-fâché qu'il en eût le mérite. •
Francaleu.
Songez donc que ce soir il aura mon billet, Et que j'aurai demain la lettre de cachet.
Damis.
Mon Dieu, laissez-moi faire! Ayez cette indulgence.
Francaleu.
Mais vous ne ferez pas la même diligence ?
Damis.
Plus grande encor.
Francaleu.
Oh non!
Damis.
Que direz-vous pourtant, Si votre homme ce soir, ce soir même, est content?
Francaleu.
Ce soir! Ah, sur cepié, je n'ai plus rien à. dire. Mais cornent ce tems-là poura-t-il vous sufire ?
Je ne vous promets rien par-delà mon pouvoir.
Francaleu.
Vous prometez pourtant beaucoup.
Damis.
Vous allez voir.
Mais, Monsieur, on diroit, à cette ardeur extrême, Qu'à ce pauvre neveu vous en voulez vous-même.
Francaleu.
Sans doute : et j'ai raison. L'oncle me fait pitié, Et tout mauvais sujet mérite inimitié.
Tenez, j'ai toujours eu l'amour de l'ordre en tête. Vous menez, par exemple, un train de vie honête, Vous; cela fait plaisir, mais n'étonera pas, Car vous me fréquentez, et vous suivez mes pas. Des travers du jeune homme un fou sera la cause. Aussi l'ordre du roi , pour le bien de la chose, Devroit faire enfermer, avec le libertin, Tel chez qui l'on sçaura qu'il est soir et matin. Vous riez; mais je parle en père de famille.