‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 108 sur 127 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

DORANTE, LISETTE

Dorante.

Quelqu'un m'a deservi près de lui , je parie.

Lisette.

Eh! ne vous en prenez qu'à votre étourderie, Et qu'au brusque mépris dont vous avez heurté La rage qu'il avoit, tantôt, d'être écouté.

Dorante.

Oui, j'ai tort , je l'avoue; à présent il peut lire : Je l'écoute; ou plutôt, sans cela, je l'admire, Et m'ofre, en trouvant beau tout ce qui lui plaira, De me couper la gorge avec qui le niera.

Lisette.

Ce n'est pas maintenant votre plus grande afaire. Songez à profiter d'un avis salutaire.

Pouriez-vous nous trouver de ces perturbateurs Du repos du parterre et des pauvres auteurs, Contre les nouveautés signalant leurs prouesses. Et se faisant un jeu de la chute des pièces ?

Dorante.

Que diable en veux-tu faire? Oui, pour un, j'en sçais trois.

Lisette.

Courez les ameuter pour aller aux François Sur ce qui s'y jouera faire éclater l'orage.

ii6 LA MÉTROMANIE

La pièce est de l'auteur qui vous fait tant d'ombrage. Le père de Lucile y vient d'aller...

Dorante.

Tu veux...

Lisette.

Ah! j'en serois d'avis! Faites le scrupuleux. Damis ne l'est pas tant, lui; car à votre père, Il a de votre amour écrit tout le mystère. Ce n'aura pas été pour vous servir, je croi. Et vous le voudriez ménager ! Et sur quoi? Les plaisans intérêts pour balancer les vôtres! Une pièce tombée, il en renaît mile autres. Mais, Lucile'perduë, où sera votre espoir? Monsieur de Francaleu , vous dis-je, va la voir. Il n'a déjà que trop ce bel auteur en tête. S'il le voit triompher, c'est fait; rien ne l'arrête : Il lui donne sa fille^ et croiroit aujourd'hui S'alier à la gloire en s'aliant à lui.

Dorante.

Ah ! tu me fais frémir, et des transes pareilles Me livrent en aveugle à ce que tu conseilles !

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