‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 112 sur 127 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Au tintamare afreux qu'au parterre on a fait? Ah! nous avons bien vu des fureurs de cabale; Mais jamais il n'en fut ni n'en sera d'égale. La pièce étoit vendue aux siflets agueris De tous les étourneaux des cafés de Paris. Il en est venu fondre un essaim! des nuées!

Cependant à travers les brocards, les huées, Le carillon des toux, des nez , des Paix-là, Paix , J'ai trouvé...

Baliveau.

Ma foi, moi, j'ai trouvé tout mauvais.

Francaleu.

On en peut mieux juger, puisque l'on s'en escrime. Morbleu, je le maintiens : j'ai trouvé... telle rime... {A Damis qui V écoutait avidement, et qui ne l'écoute plus.) Oui, telle rime digne elle seule, à mon gré, De relever l'auteur que l'on a dénigré.

Baliveau.

Tout ce que peut de mieux l'auteur, avec sa rime. Ce sera, s'il m'en croit, de garder l'anonime. Et de n'exercer plus un talent suborneur, Dont les productions lui font si peu d'honeur.

Damis.

C'est, s'il eiît réussi, qu'il pouroit vous en croire. Et demeurer oisif, au sein de la victoire, De peur qu'une démarche à de nouveaux lauriers Ne portât quelque ateinte à l'éclat des premiers; Mais, contre ses rivaux et leur noire malice. Le parti qui lui reste est de rentrer en lice,

Sans que jamais il songe à la désemparer, Qu'il ne les force eux même à venir l'admirer. Le nocher dans son art s'instruit pendant l'orage; Il n'y devient expert qu'après plus d'un naufrage. Notre sort est pareil, dans le métier des vers, Et, pour y triompher, il y faut des revers.

Francaleu.

C'est parler en héros, en grand homme, en poète!

(A Baliveau.) Vous êtes stupéfait; moi, non; je le répète : Vivent les grands esprits, pour former les grands cœurs ! Mais cela n'apartient qu'à nous autres auteurs.

(A Damis.) N'est-ce pas, mon confrère?

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