‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 12 sur 127 · ZÉNOBIE · texte numérisé non relu

ZÉNOBIE

C'est le vendredi 4 juin 1728 ' que les Comédiens français assemblés entendirent la lecture de l'ouvrage que Piron soumettait à leurs suffrages, sous le titre de /'École des Pères. Elle fut reçue sans opposition. Toutefois, pendant les répétitions, le titre sous lequel elle avait été présentée fut changé en celui des Fils ingrats. La première comédie de Piron fut représentée le jeudi 21 octobre 1728, avec /'Usurier gentilhomme^.

Le succès fut des moins vifs, et l'abbé Desfontaines ne manqua pas l'occasion dédire que « lesFils ingrats avaient bien mérité leur nom, puisqu'ils venaient de ternir la réputation de leur père » . Le trait arriva jusqu'aux oreilles de Piron. Après avoir rendu à sacomédie le titre sous lequel elle avait été présentée aux Comédiens, il s'empressa de faire à l'abbé les honneurs de son bon mot. Il le ménagea si peu qu'on a pu réunir cinquantequatre épigrammes dirigées par l'auteur des Fils ingrats contre l'abbé Desfontaines i. Celui-ci pourtant

1 . Archives de la Comédie française. Registre des assemblées pour l'année 1728.

2. Pièce en un acte et en prose, du comédien-auteur Le Grand. On a vu naguère passer dans les ventes publiques d'autographes quelques quittances données par Piron au sujet de sa première comédie. L'une d'elles s'élève, en dépit de l'insuccès de la pièce, au chiffre assez respectable poir l'époque, de 289 livres 12 sols pour quatre représentations.

3. Piron. Complément^ etc.; publié par M. H. Bonhomme en 1866.

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