LE THEATRE DE PIRON XVII
mais de vingt-quatre événements en une heure. Boindin dit que c'est l'histoire des révolutions de Suède, revue et augmentée. On convient que c'est une pièce follement conduite et sottement écrite. Cela n'a pas empêché qu'on ne l'ait mise au-dessus d'Aihalie, à la première représentation ; mais on dit qu'à la seconde on l'a mise à côté de Callisthène. » Quand il écrit de semblables choses, Voltaire dépasse le but. Entre Callisthène ef /a tragédie de Gustave, qu'il n'eut jamais a la curiosité de voir ' », il y a une sensible différence : celle qui existe entre une chute et un succès. Lorsque, plus tard, La Harpe jugera sévèrement le Gustave de Piron, il aura du moins une sorte d'excuse. Après avoir compté au théâtre plus de défaites que de triomphes, il se rappelait, en accablant Piron de ses critiques imméritées, que lui aussi il avait fait représenter sur la scène française un Gustave Wasa qui était tombé avec fracas en 1766, et sur la chute duquel l'heureux père du Gustave dei-jSi s'était égayé avec sa mordacité habituelle.
Quant à Voltaire, qui avait dénigré Piron avec tant d'aigreur après la réussite de Gustave, il daigna consoler La Harpe, qu'il ne redoutait en .aucune façon, et l'accueillit chez lui après sa défaite.
Pendant l'année qui suivit le premier succès tragique de Piron ', celui-ci donna aux Comédiens deux ouvrages