XVI LE THEATRE DE PIRON
suivantes ' ; « J'ai une vraie joie des grands succès du Gustave de M. Piron, m'y intéressant véritablement. Les applaudissemens qu'on y a donnés aux représentations subséquentes m'ont été mandés depuis. Je le trouve très-heureux d'avoir surmonté les brigues de Voltaire. » Ce dernier ne dut pas trop goûter le succès en question. Il n'admettait pas qu'on pût briller à ses côtés, même faiblement , et plus que tout autre il prétendait concentrer sur lui seul tous les suffrages et toutes les admirations. De même que le capitan Scudéry, il se serait écrié volontiers :
Le soleil est levé, retirez-vous, étoiles !
Tout en se défendant néanmoins d'avoir nui à Piron, il mit, bien que fixé alors à Paris, une affectation de très-mauvais ton à ne pas aller à la Comédie les jours où l'on jouait Gustave. Pour juger V œuvre, en attendant l'impression de la pièce, il se contentait d'écouter et de répéter fidèlement les critiques que ses nombreux courtisans se plaisaient à lui en faire. Le 24 février 1733, c'est-à-dire à l'aurore même du succès de la tragédie de Piron, Voltaire écrit à Thieriot : « Il faudrait à présent vous rendre compte de Gustave Wasa} mais je ne l'ai point vu encore. Je sais seulement que tous les gens d'esprit m'en ont dit beaucoup de mal , et que quelques sots prétendent que j'ai fait une grande cabale contre. M. de Maupertuis dit que ce n'est pas la représentation d'un événement en vingt-quatre heures,