‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 21 sur 127 · XX LE THEATRE DE PIRON · texte numérisé non relu

XX LE THEATRE DE PIRON

implacables , nous ne pouvons mieux faire que de citer un passage de la lettre qu'il écrivit en 1776 à l'abbé du Vernet ' ; « Mes amis m'ont toujours assuré que, dans la seule bonne pièce que nous ayons de lui {lui, c'est Piron), il m'avait fait jouer un rôle fort ridicule. J'aurais bien pu le lui rendre, j'étais aussi malin que lui; mais j'étais plus occupé. Il a passé sa vie à boire, à chanter, à dire des bons mots, à faire des priapées, et à ne rien faire de bien utile. Le temps et les talents, quand on en a, doivent, ce me semble, être mieux employés. On en meurt plus content. » Piron n'était plus depuis trois ans^ quand le patriarche anguleux de Ferney débitait par correspondance cette belle oraison funèbre, et il s'aventurait fort sur le chemin de l'invraisemblance en assurant à l'abbé qu'il était « aussi malin » que son irréconciliable ennemi. La plume à la main, nous ne tenterons pas de le discuter, et la Métromanie est bien peu de chose à côté de Uoeuvre immense de l'auteur de Zaïre; mais face à face, d'homme à homme, et avec les seules armes du sarcasme et de l'ironie, Piron, supérieur à tous dans l'art de la repartie spirituelle et mordante , était bien au-dessus de Voltaire. Celui-ci ne fut jamais vainqueur dans aucune de ces sortes de rencontres 5. Le génie peut se passer de

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