I. Corresp. litt., avril 1776, tome IX, page
7. Dans un ouvrage intitulé : Paris, Versailles et les provinces au XVIII^ siècle, le marquis J. L. M. Dugast de Bois-Saint-Just a construit, sur les origines de la Métromanie, un échafaudage d'invraisemblances et de contradictions. Il attribue à une demoiselle Gauthier, ancienne actrice de la Comédie française, où elle avait débuté le jeudi 3 septembre 1716, le rôle que M"^ Quinault a positivement joué en cette circonstance, c'est-à-dire celui d'une précieuse collaboratrice. Sans prendre lapeine.de réfuter une à une toutes les bourdes de ce fragile roman , nous dirons seulement qu'en 1736 , c'est-à-dire à l'époque oii Piron venait d'achever son œuvre et se disposait à la lire aux Comédiens, M'^^ Gauthier avait abandonné le théâtre depuis treize ans. A la suite d'une passion malheureuse pour l'un de ses camarades, elle s'était retirée en 1723 dans un couvent de Carmélites, à Lyon. Elle était donc bien loin, en 1736, de songer aux choses profanes de la scène. Le compilateur maladroit du recueil qui nous occupe s'est abusé étrangement en lui prêtant, par suite d'une imagination trop vive, les propos relatifs à Piron qu'il lui fait tenir, dans un de ses volumes, chez le duc de X. avec le marquis de Saint -Maixent. {Paris, Versailles, etc.; 3 vol. in-8, 1823, chez Charles Gosselin, 5^ édition.)