XXVIII LE THEATRE DE PIRON
Maurepas, plus encore qu'aux modificaiions heureuses quelle venait de subir, la pièce fut enfin acceptée par les Comédiens et mise aussitôt à l'étude.
La première représentation de la Métromanie fut donnée le vendredi lo janvier 17 38, avec une recette de 1,200 livres. Très-endettés à cette époque '^ les Comédiens n'eurent qu'à se féliciter d'avoir joué l'ouvrage nouveau. A la première représentation ils ne se partagèrent rien, il est vrai, mais ils se rattrapèrent avec les recettes suivantes, qui relevèrent un peu les affaires périclitantes de ce qu'on nommait alors le tripot comique. C'était, en somme, un bon office pour un mauvais. On va voir de quelle manière Piron en fut récompensé. La Métromanie fut représentée vingt-quatre fois jusqu'à la clôture de l'année théâtrale lySy-iySS, qui eut lieu le samedi 22 mars lySS. Nous comprenons dans ce chiffre de vingt -quatre représentations celle qui fut donnée à la Cour, avec les Trois Cousines, le mardi 4 février'. A l'origine, la comédie nouvelle était jouée, comme toutes les pièces à succès du reste, d'une façontrès-
1. Voir l'Histoire administrative de la Comédie française, par J. Bonnassies,
2. Voici, relevé sur les registres de la Comédie, le très-curieux détail des frais que ce déplacement coûta à la troupe :
Le souffleur, 3 livres; le décorateur, 3 1.; le guide, 7 1. 10 s.; deux crocheteurs, 8 1.; neuf cochers, 18 1.; neuf porteflambeaux, 8 1. 5 s.; 2 cochers de chariots, 4 1.; trois musiciens, 9 1.; copie de musique, 3 1.; quatre danseurs, 24 1.; le petit François, 6 1.; deux tailleurs, 6 1.; un assistant, i 1. 10 s.; louage et accommodage de perruques, 4 1. 7 s.; pain et vin, I 1. 8 s.; port du bois, 12 s.; tablettes, 5 1. 10 s. — Total, 1 1 3 livres 2 sols.