XXXII LE THEATRE DE PIRON
Mondor n'ont pas fait moins d'honneur à MM. Granval ' et Armand^. Parlerai-je des deux rolles de femmes ? Mademoiselle Quinaut 3 a doublé la finesse d'esprit de Lisette ; c'est-à-dire qu'elle lui a donné la mesure du sien. Défions-nous pour jamais des physionomies si la sienne est trompeuse. Mais on est rassuré là-dessus par ceux qui la connoissent. Avec tous ses talens , néanmoins , elle n'a pu se défaire encore d'un certain air de femme de condition, qui paroît quelquefois ennoblir un peu trop le rolle de Suivante. A l'égard de Lucile, l'Auteur n'a rien fait de plus adroit que d'employer la figure et la voix tendre de Mademoiselle Gossin 4 pour donner des grâces à l'indolence. »
Après avoir rendu compte en ces termes de l'interprétation de la comédie de Piron, l'abbé Prévost ajoute, et ce n'est pas le plus mince de ses éloges, que, depuis quelle est imprimée S, la pièce « se fait lire avec autant de plaisir qu'elle s'est fait entendre » .
1. En 1748, Grandval succéda, dans le rôle de Damis, àQ.uinault-Dufresne. Celui-ci s'était retiré depuis 1741. C'est sur les instances de Grandval que les Comédiens reprirent la Mé~ tromanie. Reçu au mois de décembre 1729, Grandval se retira le i^'' avril 1 768.
2. Armand avait débuté dans l'Homme à bonnes fortunes, le 2 mars 1723. 11 ne fut reçu qu'en octobre 1724, et se retira au mois de décembre 1766, après quarante-deux ans de service.
3. M^'^ Quinault la jeune, désignée sous le nom de la soubrette, était à la Comédie depuis 1718. Elle se retira en 1741, et mourut an 1783. M. H. Bonhomme i publié sa très-curieuse correspondance avec Piron.